Mise en situation

Les ménages français ont gardé la confiance en septembre, malgré la crise économique. La consommation en produits manufacturés et en commerce ont augmenté de 0,6 % par rapport au mois d’aout. Et par rapport à septembre 2007, la consommation progresse de 1,5 %. Deux secteurs ont largement progressé ; l’automobile (grâce au bonus éco) et l’habillement. Par contre l’indice synthétique du climat des affaires, plus communément appelé l’indice de confiance des entrepreneurs a perdu encore 3 points, pour atteindre les 88 points (méthode de calcul). Le plus bas niveau depuis 1993. Les ménages français vont bien ! Et c’est certainement grâce eux que nous nous maintiendrons à flot cette fin d’année et en 2009. La croissance française est soutenue depuis plusieurs années par cette seule consommation. A mon avis nous ne connaiteront pas de récession. Le gouvernement français a mis en oeuvre plusieurs mesures de relance économique en direction des entreprises. A l’orée de ces résultats de ces mesures on se rend d’autant plus compte de l’ineptie de la relance économique du paquet fiscal, en direction des ménages. Il aurait peut être plus fallu réserver ce cadeau aux entreprises ? La confiance est une composante essentielle de la vie économique. Pour renouer la confiance des entreprises il faut d’abord restaurer la confiance des marchés et donc des investisseurs ; la confiance dans les comptes, améliorer la transparence de l’information comptable et financière, éliminer les biais dans l’information financière et son interprétation  en évitant certains conflits d’intérêts, restaurer la qualité et la sûreté financière …etc.

Mise en action

Le gouvernement français a officialisé la relance économique française. Et c’est Nicolas Sarkozy qui a dévoilé le plan. Il a annoncé tout d’abord qu’un fond d’investissement de soutien aux entreprises allait être crée avec par la Caisse des dépôts (probablement ce sera retoqué par Bruxelles ???). Nicolas Sarkozy l’Etat allait injecter 175 milliards d’euros, par le biais de nationalisation partielles. L’Etat acteur pérenne, retrouvera certainement à terme un bénéfice dans ce débours, en tant qu’investisseur institutionnel. Enfin il va être crée un ombudsman du crédit. Enfin l’Etat s’est engagé à exonérer les entreprises de taxe professionnelle pour l’année 2009. C’est cette dernière mesure qui est la plus impressionnante mais surtout la plus périlleuse.

En simplifiant la taxe professionnelle est un impôt local indirect perçu par les collectivités territoriales, il ne concerne que les entreprises. L’assiette de cette taxe repose principalement sur la valeur locative des immobilisations corporelles. La taxe professionnelle est établie dans chaque commune où l’entreprise dispose de locaux, terrains, usines, bureau …etc. Cet impôt profite concrètement  aux communes, départements, régions et aux établissements publics intercommunaux. La taxe professionnelle représente en moyenne la moitié des revenus des collectivités territoriales !

En exonérant les entreprises de taxe profesionnelle, l’Etat se défosse de la principale charge de relance de l’économie sur les collectivités territoriales. A titre d’indicateur le produit de la taxe professionnelle en 2005 représentait 25 133 Md€ !!! Nicolas Sarkozy a tout de suite rassuré les collectivités territoriales en annonçant que l’Etat s’engageait à compenser ce manque à gagner ??? Ah bon ??? Bien qu’il ne fasse nul doute que cet engagement reste lettre morte, on peut s’inquiéter du sort réservé aux collectivités locales et à la fiscalité qui va être répercutée sur autres contribuables. Certaines collectivités ont révélé d’ailleurs qu’elles se trouvaient déjà en difficulté, parce qu’elles ont souscrit des emprunts à taux variables. C’est le cas de la Seine Saint Denis ou de la ville de St Etienne. Mais il serait étonnant que ce soient les seules villes qui soient exposées à ce risque. Bref … c’est n’importe quoi, comme d’habitude !

By admin | October 21, 2008 - 11:57 pm
Posted in Category: PC, Politique française

L’épicentre du séisme financier mondial est localisé aux Etats-Unis. Les européens unis et cohérents ont su trouver la parade pour répondre à la crise financière et épauler le système bancaire. Quant- est il des autres continents : le moyen-orient ?

Pendant que les islamistes se gaussent de la panade dans laquelle se trouvent les Etats-Unis et plus généralement l’occident, ils ne se doutent peut être pas que c’est à terme tous les pays du Golfe qui risquent de se trouver dans des difficultés économiques et politiques très graves. Peut être à leur avantage d’ailleurs ?

Le premier choc est celui de la baisse des cours du pétrole. Le Cour du baril brent sur le marché de référence, New York Mercantile Exchange, est de 73,78 $. Il y a quelques mois, le baril fleurtait sur ce marché avec les 145 $. Il y a donc eu un reflux de 50 % sur le cour du baril. Cette baisse de cour constituera d’autant une baisse de la manne financière pétrolière pour les pays du golf. Dans d’autres pays, tel que la Norvège, ce n’est pas un problème puisque le manne pétrolière constitue un appui à l’économie mais pas une fin en soi. Mais les monarchies pétrolières moyen orientales n’ont pas développé leurs économie, mais ont plutôt cultivé une auto dépendance au pétros dollars ; la malédiction de la rente pétrolière. Par exemple en Arabie Saoudite 80 % des recettes budgétaires proviennent des revenus pétroliers. Les privatisations sont entrées dans leur phase de concrétisation. La question du financement des projets d’infrastructures (développement du réseau électrique, télécommunications, transports ferroviaires et routiers, aménagements urbains, dessalement, traitement de l’eau, des déchets, environnement, exploitation minière) n’est cependant pas résolue alors que les besoins estimés couteraient de 17 à 20 milliards de $ par an. . Le projet de la « King Abdullah City », gigantesque pôle urbain moderne érigé sur le modèle de Dubai coûterait à lui seul 30 milliards de $.  Ce pays du Golfe comme d’autres n’aura donc plus les moyens de ses ambitions. Le programme de diversification économique ne pourra pas aboutir ; lutte contre le chômage, diversification économique et attirance de capitaux étrangers.

D’autre part les dynasties pétrolières ont investi l’épargne tirées de la rente pétrolière dans des hedge funds. Seulement l’industrie des hedge funds est maintenant entrain de vivre des sorties nettes (de capitaux). Et les fonds souverains moyens orientaux seraient en très mauvaise posture ; ex : Abu Dhabi Investment Authority. ADIA est l’établissement public géré par le gouvernement fédéral et chargé d’investir une partie des revenus du pétrole. Depuis sa création en 1976, il disposait de 550 milliards de dollars d’actifs à la fin de l’année 2006. Le FMI a très récemment estimé ses avoirs à 875 milliards de dollars, plaçant l’ADIA au premier rang mondial des fonds souverains. Ces chiffres ne sont cependant qu’une estimation, l’ADIA ne publiant aucun compte. La décroissance des marchés boursiers fait perdre de la valeur à ces fonds et donc cela causera une baisse des rentrées de revenus pour ces Etats. Les fonds souverains sont gérés de façon familiale, c’est à dire qu’ils sont très mal gérés (ex : le Mubadala Development Company). Le moyen orient constitue le plus grand gisement de fonds au monde. La chute des marchés boursiers sera d’autant plus difficile. Certes les fonds souverains ont une optique d’investissement de long terme, mais la chute vertigineuse des marchés et la baisse des cours du brent sera autant de rentrées d’argent en moins pour alimenter, ces fonds. Leur remise à niveau sera plus longue que prévue. L’Arabie Saoudite qui a entamé il y a peu de temps sa diversification économique a enregistré en 2006-2007 un taux de croissance de 6,6 %. Exceptionnel me direz vous ?  Néanmoins le taux de croissance de stabilité est estimé à 6 %, pour créer un nombre suffisant d’emplois, pour compenser l’augmentation démographique. Les monarchies pétrolières ont explosé économiquement (ex ; croissance à Dubai) ce qui a provoqué beaucoup d’inflation ; 12 % en 2007. Attention à la déstabilisation économique !

Il y a aussi dans ces monarchies pétrolières ; le risque de déstabilisation politique (monarchies absolutistes), le risque de radicalisation islamiste, le risque régional (Iran, Irak et Palestine)