
Hier le G8 a renouvelé ses promesses d’aides au développement en direction de l’Afrique. Le G8 s’est engagé à fournir 60 milliards de $ d’aide pour lutter contre les maladies infectieuses (sida, malaria). En outre le G8 a réitéré son engagement de Gleneagles en promettant d’accroitre de 25 milliards de $ par an pour son aide au développement pour l’Afrique d’ici 2010.
Le G8 était même “profondément préoccupé” par la faim dans le monde.
Les premiers signes de la crise étaient pourtant facilement identifiables. Aux premiers signe de mouvements sur le board des marchés de matières premières alimentaires, on pouvait vite craindre le pire pour les Etats démunis.
Que représente cette aide publique ? Péjorativement ; l’équivalent d’une piécette. A titre de comparaison dans l’OCDE le montant du financement aux producteurs agricoles (barrières tarifaires, aides publiques, activités de recherche, développement et d’inspection alimentaire) est de 318 milliards de $, en 2002. (données OCDE). Le montant annuel, en 2008, du Farm Bill américain est de 98 milliards de $ et de 55 miliards d’euros pour la Pac européenne. Le G8 accorde des aides publiques à l’Afrique mais ne supprime pas pour autant ses barrières protectionnistes dans le domaine agricole. Aider ça serait peut être aussi permettre aux Etats africains d’avoir accès à nos marchés en ouvrant nos frontières aux importations de produits et pas uniquement de denrées agricoles.
L’appel au secours pour leur continent des “sherpas” présents au G8 (Afrique du sud, Algérie, Sénégal, Ghana, Tanzanie, Nigéria et Ethiopie) prouve bien que les politiques antérieures d’aides au développement ont été des échecs. Et il serait trop facile d’imputer ces ratés aux détournements de fonds de quelques dictateurs locaux. On a observé dans de nombreux pays d’Afrique sub-saharienne, que malgré le déversement de plusieurs millions de $ d’aides, de 1980 à ajourd’hui, le PNB/habitant a diminué. Dans le même temps des pays comme l’Inde ou la Chine n’ont reçu qu’une proportion infime d’aides et ont pourtant connu une très forte croissance économique.
Peter Bauer, très grand économiste du développement, a démontré que la planification centrale, l’aide étrangère, le contrôle des prix et le protectionnisme accroissent la pauvreté, plutôt que de l’éradiquer. La solution c’est la liberté individuelle économique (The Development Frontier, Peter Bauer). Il faudrait donc peut être construire un cadre qui donne aux individus la possibilité d’acquérir des libertés individuelles économiques (le commerce, la propriété, la fiabilité bancaire …etc). Il va de soit que ces libertés doivent pousser sur un terreau de libertés politiques dèjà matures. Quoi que ! Lorsque l’on regarde l’exemple Chinois, on peut penser que le développement passe d’abord par les libertés économiques.
Je ne suis pas un monstre, je ne dis pas qu’il faille supprimer toute aide au continent africain, ces aides sont dans l’immédiat une nécessité, propre à la survie du continent africain. Mais il faut apporter au continent africain un cadre légal propice au développement économique, faire tomber à leur égard nos barrières protectionnistes et traiter le continent africain comme un futur partenaire économique en devenir plus que comme un continent auquel on fait l’aumône. Car sinon ce sera nous qui allons manquer notre rendez vous avec l’histoire.
Je crois fermement à l’aide par les initiatives individuelles.
Ex : le projet “Alimenterre“.
Une nouvelle fois l’hyper président s’est emmêlé d’un domaine qui ne le concernait pas, même indirectement ; la politique monétaire.