By admin | October 14, 2008 - 12:07 am

L’apathie est une maladie temporaire, correspondant à une fatigue physique et intellectuelle passagère. C’est aussi un sympathique journaliste politique qui officie sur RTL ou Canal +, à l’accent chantant qui sent bon le thym, le romarin, le serpolet et la gariguette. Vous allez me dire il n’y a pas vraiment de différence entre ces deux définitions ? Et bien non tout de même, allons, restez polis je vous prie !

Jusque là, je n’avais pas trop de reproche à faire à Jean Michel Apathie. Tous les matins, il nous livre des interviews très percutantes sur la classe politique, des analyses approfondies dans le grand journal de Canal +. Rien de bien méchant ! En bonus track on même droit sur son blog à des articles de fond, posts-interviews sur RTL, dans lesquels il nous narre le off de son fantastique métier ; le café, croissant, copain et politique. Ou parfois il nous gratifie d’un petit pipi sur ses collègues de même métier. Oh joie ! Jusque là je n’avais rien contre Jean Michel Apathie tant qu’il se contentait de s’occuper des problèmes politiques éminents, tel que la grossesse de Rachida Dati.

Mais depuis la crise financière, Jean Michel Apathie, a commencé à parler d’économie et de finance.

_ Ah bon ? Non sans déconner, il a fait ça !

_ Oui justement c’est là le problème !

_ Alors il est comment ?

_ Bah ! Le vrai qualificatif ca serait … NUL !

Là je suis un peu méchant. Il n’est pas le seul à faire ça ! Joffrin, Barbier, Kahn ou même Giesbert sont devenus des experts en économie et nous gratifient de leur expertise. Notre caste de journalistes de tours d’ivoires sont très mauvais en économie. Ils ont du sécher les UVs économie à Sciences Po. Et  de cette crise financière, qui n’est en Europe, au fond qu’une perte de confiance dans le système, ils parlent de la crise comme le début de l’enfer sur terre ! Quand les médias ont besoin d’un spécialiste, on ressort du placard Minc, ancien conseillé de Jean Marie Messier. Remarque avant c’était pire dès que l’on parlait d’économie et de finance on appelait Marc Touati.

Que dire des politiques qui ont une véritable aversion pour l’économie ; “Je ne me suis pas tapé Normal Sup et l’Ena pour discourir comme un connard de prof de sciences économiques de lycée !”.  Nous ne nommons pas d’économiste au ministère de l’économie et des finances, mais des personnages sinistres, comme Christine Lagarde, qui sauront gérer avec poigne les arbitrages entre les différents ministères.

Ajourd’hui l’Etat a établit un plan de garantie du système bancaire français. L’Etat s’engage à garantir les prêts dans le système bancaire à hauteur de 320 milliards et apporte aussi une garantie à hauteur de 40 milliards d’euros pour les banques qui voudraient lever des fonds pour se recapitaliser. L’Etat vient suppléer la Banque Centrale Européenne qui est venue à bout de ses possibilités de prêts aux banques.

Revenons à Jean Michel Apathie. Il a une marotte la dette publique française. Et développe chaque fois des analyses très pointues sur le sujet et selon les thèses économiques, qu’il a appris quand il était tout petit ;“un sou est un sou” et “du faut pas gâcher”. Jean Michel Apathie s’est étonné benoitement de la teneur de ce plan en rappelant que le Gouvernement avait eu du mal à débloquer 1,5 milliards d’euros pour financer le RSA. Il a expliqué que ces sommes seraient financées par l’emprunt de l’Etat et qu’une nouvelle fois, ces sommes allaient considérablement allourdir la dette publique. Faisant paniquer dans son siège le téléspectateur bêta et fulminer de rage le téléspectateur comme moi ! Jean Michel Apathie n’a pas expliqué que l’Etat apportait une garantie financière. C’est à dire que l’Etat, s’engage à garantir la banque débitrice défaillante, qui ne s’acquitterait pas de ses obligations auprès des autres banques créancières. En réalité tout le monde sait que l’Etat ne sera jamais appelé en garantie, tant que le système bancaire français se porte bien. En outre la recapitalisation permettrait à l’Etat de rentrer dans le capital de grandes banques françaises. Au niveaux des cours boursiers actuels des établissements financiers, l’Etat pourrait même à terme faire des affaires ! L’Etat, acteur toujours solvable dans le système, n’a apporté rien d’autre dans ce plan que sa garantie, pour palier une crise de défiance ou de panique, c’est selon.

Et nos journalistes politiques, tel Jean Michel Apathie, ne trouvent rien de mieux que d’entretenir la psychose ! Peut être pour tenir en haleine leurs spectateurs et accroitre leur audience. Attitude médiocre ou ignorante ?

By admin | July 27, 2008 - 6:54 pm
Posted in Category: Politique économique

Carlos Ghosn s'est trompé de doigts Après l’affaire Renault- Auto plus. Jeudi le Président directeur général de Renault a annoncé que le constructeur français allait supprimer 5000 emplois en France, sous forme de départs volontaires à la retraite. Ces suppressions d’emplois ont été justifiées par une baisse prévisionnelle des ventes de véhicules pour l’année 2009 (3 millions de véhicules au lieu de 3,3 millions) et par les mauvaises ventes du nouveau modèle Laguna. L’usine de Sandouville qui produit la Laguna devrait enregistrer à elle seule 1000 suppressions de poste, soit une chaine de montage. Les mauvais résultats de Renault sont aussi dus à la sous production des chaines de montage en Iran et la mauvaise conjoncture économique pour 2008 et 2009. Cette annonce de Renault est d’autant plus justifiée du fait que ses concurrents PSA et Volkswagen ont déjà supprimé, respectivement, 10 000 et 20 000 emplois.

Et pourtant le groupe Renault annonce un bénéfice de net de 1,46 milliards d’euros pour le premier semestre 2008, soit en hausse de 36,7%. Dans le même temps la marge opérationnelle progresse de 19,8 % pour s’établir à 865 millions d’euros. Ces bons résultats sont notamment dus aux bonnes ventes en France et au bonus éco Borloo.

Pour mieux comprendre Carlos Ghosn il faut le connaitre. C’est un bourreau de travail, très exigeant. Dans l’encadrement de Nissan, on l’appelait “seven-eleven”, rapport à son temps de travail. Carlos Ghosn a été intégré dans Renault en tant que cost killer, il était chargé de la production et des achats. Et c’est lui qui a rationalisé les méthodes de Renault. (ex : en réduisant le nombre de modèles d’auto radio proposés dans les véhicules, ou en adoptant des plateformes identiques pour des véhicules différents …). C’est cet esprit de rationalisation des couts, qu’il a adopté avec succès chez Nissan, puis transposé chez Renault. La compression salariale suit cette logique. Personne n’est naif, la réduction de la masse salariale chez Renault va de paire avec une délocalisation rampante.

En septembre 2007 Renault a annoncé qu’ils allaient transférer, une grande partie de la production des véhicules Logan Dacia, low cost, de Roumanie au Maroc. Et l’effet de vase communiquant devrait se faire de la France, vers la Roumanie. Information exclusive et garantie, Renault est entrain d’étudier depuis longtemps, la délocalisation de toute la fabrication des moteurs de la marque (élément le plus technique d’une automobile) vers la Roumanie. Renault a fait appel à des bureaux d’études extérieurs au groupe, pour étudier la faisabilité du projet et surtout ne pas affoler les salariés de la marque. A terme ce seront des chaines de production entières de véhicules qui seront délocalisées en Roumanie, ex : Clio. Les ouvriers roumains sont méritants et surtout moins chers que les français. Et le dumping social joue à plein de la Roumanie vis à vis de la France et du Maroc vis à vis de la Roumanie … etc.

Le plus cocasse dans cette affaire, c’est qu’au moment, des grèves chez Dacia, “l’internationale” du syndicat français s’était émue de la situation et avait fait une collecte de fonds, pour soutenir leur collègues roumains, qui eux, à terme, vont les déposséder de leurs emplois. Quand on est c… on est c…