By politoblog | November 6, 2009 - 5:47 pm
Posted in Category: Politique économique

Le repenti

Jeune, je n’étais pas trop bercé par les ‘illusions, Adam Smith était le père, Ricardo le fils et le libéralisme le sain esprit. A 16 ans, j’affutais déjà mes crocs à la lime pour les planter à la jugulaire de tout antilibéral qui se serait opposé à l’arrivée du libéralisme économique, parmi les religions officielles. “Capitalisme et liberté ” était ma bible ! Et j’étais conforté dans cela par des souvenirs anciens, en couche culotte, de la chute des anciennes dictatures socialiste de l’est. Et après je ne peux pas trop me blamer, n’était-ce pas au fond ma culture qui me poussait vers les doctrines libérales ? Où mieux qu’ailleurs  a t-on intégré une culture animale de la violence et de l’écrasement du plus faible ; en banlieue. Et j’ai mûri ou plutôt pourri sur pied au contact de vrais libéraux qui mesurent l’injustice en proportion de leur niveau d’imposition et qui évaluent leur bonheur à la hauteur de leur compte en banque.

La revanche des gentils

Puis l’année dernière il s’est produit un miracle ; une crise économique mondiale. Alors que tout le monde voyait s’abattre sur le monde un fléau, c’était pour moi quelque chose de fantastique. Déjà parce que je pouvais me gausser; “je vous l’avais bien dit, bande de pauvres cons !”. Je ne suis bel et bien pas un aliéné. Mais surtout j’espérais que cette crise écconomique, pouvait servir de levier pour le changement en faveur de plus d’intervensionisme et de régulation des Etats dans la finance et dans l’économie. Une opportunité. Je me suis malheureusement lourdement trompé et j’ai largement surestimé la capacité des politiques et des Etats à changer profondément la finance et l’économie. J’ai cru aux promesses de Barack Obama, j’ai cru que Nicolas Sarkozy avait véritablement la capacité de se transformer du statut de décapiteur du modèle socio libéral français vers celui de son pourfendeur. Les Etats ont déversé des milliards dans des plans de financement pour parvenir au secours des banques ou de l’industrie (ex : automobile). Avaient-ils au fond le choix ? Ne doit-on pas négocier avec des banques, des terroristes qui tiennent en otage le système et qui ont déjà appuyé sur le bouton d’une bombe indésamorcable et qui vous disent; “Si vous ne payez pas la rançon tout va péter !”.

Les méchants gagnent toujours à la fin

Tout est désormais, redevenu à la normale à capitalism city. Les banques ont réalisé des profits records. Même les banques françaises ont annoncé des profits records ; 426 milliards d’euros de bénéfices au 3ème trimestre pour la Société Générale, 1,3 milliards d’euros de bénéfice pour BNP Paribas et bientôt le Crédit agricole devrait aussi faire exploser ses prévisions. Les banques remboursent par anticipation les prêts consentis par les Etats. Au passage on se rend compte que les Etats ont commis l’erreur majeure de ne pas aider les banques par des prises de participations, ce qui leur aurait permis de réaliser de bien meilleures affaires qu’en leur consentant des prêts. Les banques, ayant acquitté leur dettes, sont désormais libérés de toutes les contraintes et de toutes les menaces des Etats.  Ils peuvent désormais donner aux Etats un poli : “allez vous faire foutre !”. Hier le constructeur américain d’automobiles, Général Motors, a annoncé qu’il vait fianlement abandonné l’idée de vendre sa filiale, Opel/Vauxhall. Un camouflet pour Angela Merkel qui s’était jusque là battue pour protéger, plus de 50 000 emplois, de la filiale Opel, localisés en Allemagne. Le gouvernement allemand avait prévu un plan de fiancement de 3 milliards d’euros pour financer la reprise et la restructuration d’Opel/Vauxhall. Le nouveau patron de General Motors,Fritz Henderson qui a remplacé,  Rick Wagoner, bénéficiaire d’un golden parachute de 20 Millions de $, a annoncé qu’il comptait sur le paln de fianncement de l’Etat allemand. Entre les  lignes, le nouveau patron de Général Motors a menacé de mettre sa filiale Opel en faillite si l’Etat allemand ne lui accordait pas ce financement.

Happy end. Le pouvoir économique, le monde de l’argent, est véritablement plus fort que le pouvoir politique, le monde des idées.

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