Actuellement notre bonne presse analyse l’ensemble des actualités politique de manière dissociée. Un coup par là d’identité nationale, un coup par en bas de taxe professionnelle, un coup en haut de grand emprunt, un coup à droite l’affaire Clearstream, un coup à gauche les poursuites pénales pour l’ancien Président Jacques Chirac. Peut être atteint d’une basse inhibition latente, je ne perçois pas ces actualités politiques, comme des faits détachés les uns des autres, mais comme un mouvement global d’implosion de la droite. C’est mon défaut je suis systémique. Je perçois le tout avant de percevoir, les élements qui le composent.
Un moment la droite a été jugée, par les médias, la droite la plus bête du monde. Je crois, qu’en dehors même de tout jugement sur ses actions politiques, nous avons désormais le Président le plus bête du monde : il a provoqué l’implosion d’une majorité qui était jusqu’alors acquise à sa cause. On peut nettement identifier l’allumage de l’implosion de la droite et de l’UMP : la désignation de son fils pour prendre la présidence de l’Epad.
Les différents points d’implosion de l’UMP
° Entre les Villepiniste et les Sarkozystes
En se constituant partie civile au procès Clearstream, en se prononçant sur la culpabilité de l’ancien premier ministre lors d’une interview officielle à la télévision, Nicolas Sarkozy a réssucité, l’animal politique, Dominique de Villepin, qui était jusque là en état de mort politique. Il a monté son courant ; le Club Villepin. Il est remonté dans les sondages en popularité et est devenu officiellement le premier opposant politique de Nicolas Sarkozy et donc potentiellement un candidat pour la présidentielle de 2012. Dominique de Villepin compterait en dehors des soutiens civils et d’une petite communauté web, dans ses rangs une quinzaine de députés, pour la plupart d’anciens chiraquiens (Jean-Pierre Grand, François Goulard, Jacques Le Guen, Georges Tron, Marie-Anne Montchamp, Hervé Mariton…etc.). Quelle erreur ! Mais quelle erreur !
° Entre l’Elysée et Matignon sur le grand emprunt
C’est le point d’implosion, qui est à la fois le plus étonnant et le moins évident. Lundi 63 députés ont signé une tribune dans le Monde, intitulée ; L’appel des 63 pour que le grand emprunt ne soit pas un petit emprunt. Ces députés frondeurs demandaient alors que l’emprunt ne soit pas limité à seulement 20 ou 35 miliards d’euros, mais plutôt que celui-ci porte sur un montant de 100 milliards d’euros. Ces députés auraient signé cette tribune, sous l’égide du conseillé spécial à l’Elysée Henry Guaino. Vous noterez tout de même qu’un ancien ministre, comme Yves Jégo, qui s’était dit déçu par l’attitude François Fillon au moment de son éviction, a signé cette tribune. Le premier ministre, la commission sur le grand emprunt, présidée par Michel Rocard et Alain Juppé et les ministres en charge des cordons de la bourse (Woerth Lagarde) seraient favorables à un petit emprunt de 20 à 35 miliards d’euros. Ce sera certainement au final le président de la République qui tranchera. Mais quelque soit son choix, il créera automatiquement un camp des déçus. A mon avis le débat est complètement stérile, car avant de définir les moyens il faudrait plutôt définir les fins et les besoins.
° Entre les anciens leaders défenseurs des collectivités territoriales et le pouvoir central
Des personnalités de droite comme Alain Juppé ou Jean Pierre Raffarin ont affirmé leur réprobations sur la réforme de la taxe professionnelle. Ces anciens premiers ministres ont été les premiers à grogner. Ce qui démontre à l’évidence un courage politique, une indépendance d’opinion et peut être surtout une carrière politique et une ambition qui sont désormais derrières eux. Jean Pierre Raffarin a son tour signé une tribune dimanche dans le JDD, dans laquelle, il explique pourquoi lui et 24 sénateurs ne voteront pas la réforme de la taxe professionnelle. Le point central de la fronde repose le manque à gagner en recettes fiscales (environ 11 milliards d’euros) pour les collectivités territoriales, déjà beaucoup endettées. Ce déficit en recettes ne serait pas compensé dans le projet actuel. Le premier a avoir tempêté, était Alain Juppé, qui avait affirmé à propos de cette réforme que le Gouvernement s’était “foutu du monde”. Ce débat est peut être l’acte annonciateur de la scission entre la droite locale et la droite centrale.
° Entre les chiraquiens et les Sarkozystes : sur le statut pénal du chef de l’Etat
Le renvoi de Jcaques Chirac devant les tribunaux, en plus de l’affaire Clearstream, a réouvert les anciennes plaies entre les Sarkozystes et les Chiraquiens. Il y a officiellement deux lignes politiques, sur ce sujet. Ceux qui s’opposent à la traduction en justice de l’ancien Président (les fidèles à la chiraquie) et les légalistes qui affirment que l’ancien chef de l’Etat est désormais un justiciable comme un autre. Jean Pierre Raffarin a écrit à propos de ces poursuites pénales ; «Pourquoi chercher à le blesser maintenant ? Pourquoi porter atteinte à la fonction présidentielle ? Pourquoi encourager ceux qui s’attaquent à l’image de la France ?”. A contrario Christine Boutin a jugé “normale” la traduction de l’ancien Président de la République devant les tribunaux. Il y aurait donc deux doctrines sur le statut pénal de l’ancien Président et peut être aussi deux droites ? Une condamnation de Jacques Chirac pourrait peut être à terme provoquer la rancoeur de ses anciens soutiens, contre Nicolas Sarkozy, pour n’avoir pas pu empêcher cette traduction devant les tribunaux. En outre le Présidentd de la République n’a pas vraiment apporté son soutien à l’ancien Président, puisqu’il s’est carrapaté derrière l’indépendance de la justice. Malin.
° Entre La droite nationaliste et la droite républicaine
Si le débat sur l’identité nationale sert de manoeuvre de diversion. Il peut aussi constituer un outil de scission. Les identatitaristes cherchent à regagner les voix de la l’extrême droite qui ont été perdues. Même si l’UMP est en apparence en ordre de marche sur le sujet et qu’ils ont tous la même voix et la même position sur l’identité nationale, ce beau vernis peut encore se fissurer. Rappelons par exemple que pour Brice Hortefeux pour qu’il ya it identité nationale, il ne faut pas qu’il y ait trop d’arabes sinon ca peut poser des problèmes. Ou pour Eric Besson dans le pays des droits de l’Homme et de la liberté d’expression, l’identité nationale c’est aussi faire des droigts d’honneurs aux journalistes. Des personnalités, comme Rama Yade, très populaire dans l’opinion ont désapprouvé l’expression employée par Brice Hortefeux en ne le soutenant pas lors de ses déboires médiatiques. Il faut noter selon une expression d’Eolas que le débat sur l’identité nationale a servit d’appeau à blogueurs concons qui ont tous donné leur définition de l’identité nationale.
Quand François Fillon joue au démineur
François Fillon a tenté d’éteindre le feu, lors d’une réunion des députés UMP à l’Assemblée, en tançant les attitudes individualites de Rama Yade (qui s’est désolidarisée de la réforme fiscale du football) ou d’Henri Guaino. C’est peut être son premier geste d’affirmation de pouvoir depuis qu’il est aux manettes à Matignon. D’où un sérieux manque de crédibilité, toute la majorité sait que le vrai patron ce n’est pas lui mais Nicolas Sarkozy. Les journaux écrivent que le Président de la République serait pendant ce temps intervenu auprès de jean Pierre Raffarin pour faire cesser la polémique qu’il avait allumé. Le Premier ministre est grotesque par son incapacité à s’imposer dans la majorité et Nicolas Sarkozy est complètement insensé en n’agissant pas. La majorité a encore la chance d’avoir face à elle l’opposition la plus mauvaise du monde.
Une morale révolutionnaire
J’avais évoqué un moment l’esprit de Cour qui existait autour de Sarkozy. Je suis heureux de me rendre compte que les élus UMP des collectivités territoriales, les députés, les sénateurs, ceux qui ne sont pas à la Cour et qui représentent le Tiers Etat ont mené la charge du début de la révolte. Nicolas Sarkozy doit alors agir, vite et avec force pour éteindre l’incendie. Mais il doit aussi se souvenir que Louis XVI a chuté parce qu’il ne voulait pas engager la réforme de l’équité fiscale. Pour éteindre le feu, redevenir populaire, Nicolas Sarkozy doit donc répondre aux attentes des frondeurs de sa majorité et peut être aussi déplaire à sa noblesse (artistes, capitaines d’industrie) pour plaire au peuple, en abolissant le symbolique bouclier fiscal et en les faisant plus contribuer à l’effort de la Nation en ces temps de disette. Sinon il risque de subir une révolte, que dis je une révolution.
This entry was posted on Wednesday, November 4th, 2009 at 1:36 am and is filed under UMP. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.
[...] d’une manoeuvre de diversion, un écran de fumée … pouf … qui permet de faire sortir le fils Sarkozy et le reste du bordel de la scène vers la coulisse. L’appeau est énorme, mais tout le monde s’est fait attraper. Tous les blogueurs et [...]