Enfin un signe positif de reprise économique, de plus en plus d’habitants du tiers monde crèvent de faim. Selon le FAO (organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) il y aurait en 2009, 100 millions de personnes supplémentaires qui souffriraient de la famine. On peut même fêter le dépassement du premier milliard d’affamés dès cette année. Je sais qu’il y a beaucoup plus préoccupant ; les 139 morts dans le monde à cause H1N1, l’emprisonnement scandaleux de Roman Polanski les relations avec des boxeurs de thailandais de 40 ans de Frédéric Mitterrand ou le nepotisme de la famille Sarkozy ? Derrière ces grandes causes nationales, on pourrait peut être caser la faim dans le monde ?
On peut comprendre que la famine ne soit pas un problème qui nous concerne puisque cela touche principalement l’Afrique (1 habitant sur 3), l’Asie et la zone Carribéenne. Seulement les plans de lutte contre la faim dans le monde n’arrivent plus à combler la demande. Au même moment dans nos médias les maigreurs qui nous préoccupent sont celles de nos hommes politiques qui font un régime et de nos mannequins qui se décharnent pour rentrer dans des nipes durant la fashion week.
Quelles sont les raisons qui peuvent expliquer cette famine ?
Ce qui est inquiétant, c’est que des pays qui n’étaient pas ou peu concernés jusqu’alors par la famine, font parti désormais du groupe de pays des grands affamés. Par exemple le Kenya (nord) compterait 23 millions de personnes subissant la famine, la soif et la misère. Les kenyans sont d’abord victimes des conditions climatiques, la sécheresse sévit dans le nord Kenya depuis 5 ans. La situation est devenue catastrophique dans ce pays. Dans le monde les premières victimes de la famine sont surtout rurales ce sont essentiellement les petits paysans et les petits éleveurs. Le problème est qu’ils manquent d’expérience, de formation, de moyens, de matériel … etc pour arriver même à réussir une agriculture vivrière. En outre les Etats n’ont pas mis en oeuvre les infrastructures et les moyens pour développer l’agriculture locale. Même si il y a une production, il n’y a pas de route pour transporter les produits alimentaires, pas de silos ou de granges pour les stocker, pas d’usines pour les transformer. La crise économique mondiale a en plus supprimé toutes les quelques possibilités économiques que les Etats pouvaient avoir pour investir. En outre il s’exerce sur les marchés agricoles une très forte concurrence mondiale, qui déprécie voir même empêche le développement des productions locales. Par exemple l’Afrique est concurrencée dans les productions laitière et céréalières par l’Europe, dans la production de riz par l’Asie et dans la production de viande par l’Amérique du Sud. C’est encore plus décourageant de savoir qu’au même moment les producteurs de lait en Europe demandent des financements publics. Si on leur accorde, c’est mettre encore plus à mal les filières africaines de production de lait. Insoluble ! Les pays africains sont donc des importateurs alimentaires nets, dépendants des autres pays. La crise a aussi empiré la balance commerciale de ces pays. Reprenons l’exemple du Kenya. Jusqu’alors le Kenya vivait du tourisme. Seulement la crise économique a contraint le tourisme. Il y a moins de demande, moins de visiteur, donc moins de devises et moins de bénéfices économiques pour le pays. Les deux secteurs agricoles exportateurs du Kenya, l’horticulture et la culture du thé, ont subi une baisse de la demande en occident de ces denrées non nécessaires. Cela a entrainé au Kenya une baisse de la production, du prix des production, de la rentabilité, cela a crée du chômage… etc. Les pays en développement importateurs de denrées alimentaires subissent aussi le contre coup de l’augmentation du prix de 2008. Les prix ont relativement peu baissé surtout si on les met en, perspective avec la crise économique et financière, la baisse de la demande mondiale et la baisse la pression spéculative sur les denrées nécessaires. Enfin Les Etats du G20 n’ont pas augmenté leur aides alimentaires internationales, malgré l’aggravation sans précédent de la famine. On peut penser que dans le futur il y aura des famines beaucoup plus importantes que celle-ci, si on ne fait rien d’ici là. La variabilité des prix des denrées alimentaires est désormais sur les marchés totalement dépendante de la variabilité des coûts de l’énergie (pétrole). Il faut de l’énergie pour les productions agricoles et les denrées alimentaires sont désormais utilisées comme moyen de substitution énergétique. En conclusion les pays du nord vivront mieux, quand la situation des pays du sud s’aggravera. Tout ça en partie grâce à la mondialisation.
Qu’est-il possible de faire ?
En urgence il faut débloquer des fonds pour les plans alimentaires. A ce niveau de nécessité c’est ce qui permettrait peut être encore de croire que nous sommes dans des sociétés humanistes. On peut aussi agir à un niveau individuel par des dons. Je pense qu’il faut surtout que les opinions aient connaissance de la recrudescence de la famine et qu’elles se mobilisent, pour qu’elles puissent faire pression sur leur gouvernance. Les arstistes ne se mobilisent plus comme par le passé pour faire connaître à l’opinion le problème de la famine. C’est peut être aussi parce que les artistes sont confrontés à leur cause : la crise du disque. Pathétique ! Ce qui est le plus navrant c’est que les artistes de renommée ont une totale méconnaissance de la réalité des problèmes dans le monde. Par exemple la semaine dernière des artistes français se sont mobilisés devant le parvis de l’hôtel de ville de Paris pour dénoncer la détention d’Aung San Suu Kyi et l’absence de liberté en Birmanie. En Birmanie avant de souffrir d’un manque de liberté, les habitants souffrent surtout de la misère et de la faim. On colle sur ces pays l’ordre des priorités de nos critères occidentaux, aberrant ! Du 16 au 18 novembre se tient à Rome le sommet mondial sur la sécurité alimentaire, en même temps en 2009 l’Italie a diminué son aide alimentaire de pus de 50 %, suite à la crise économique.
A moyen terme, il faut forcer et aider les pays en développement à créer des infrastructures qui permetteraient l’émergence d’une agriculture locale. Il faut même l’imposer. Au moment où on est entrain de tenter de réformer la finance mondiale et les paradis fiscaux, pourquoi les membres de l’ocde ne pourraient pas faire une pression collective sur certains dirigeants d’Etat et de sociétés qui exploitent leurs énergies et leurs matières premières et affament leurs populations. La banque mondiale préconise aux Etats en développement d’utiliser 10 % au moins de leur PIB pour le développement de l’agriculture. Aussi une part trop nombreuses de terres, pourtant arables, ne sont pas exploitées dans les pays en développement. Il faut aussi mettre en place des moyens de modernisation des productions agricoles. Les agricultures dans les pays en développement sont trop souvent vivrières, d’une trop petite échelle, pas assez mécanisées et n’utilisent pas assez de connaissances scientifiques. Dans un moyen terme il serait peut être utile de faire rentrer des fonds d’investissement ou des Etats étrangers dans les agricultures des pays en développement, pour qu’ils amènent les fonds et les connaissances nécessaires pour moderniser les agricultures. La Banque mondiale l’encourage d’ailleurs. Seulement il faut que cette immixtion soit faite en partenariat plutôt qu’en servitude, il faudrait que les pays en développement imposent une minorité de blocage locale. A terme il risque d’y avoir des problèmes géopolitiques causées par la participation d’Etats étrangers ou de société à des développements agricoles locaux. Les Etats (Arabie saoudite, Corée du sud …etc) qui sont à la recherche de terres agricoles pensent plutôt à assurer leur propre sécurité alimentaire plutôt que celle des locaux. Ils faut aussi que les Etats en développement régulent et réglementent les prix alimentaires. En outre ils devraient réglementer pour obliger l’utilisation des productions locales ou jouer sur les droits de douanes ou subventionner leurs producteurs … etc. Bref protéger leur production locale.
Heureusement on peut espérer le retour d’une croissance forte en France, en Europe, aux Etats Unis et dans l’OCDE au 4ème trimestre de 2009. C’est peut être le signe que le monde va un peu moins mal ?
This entry was posted on Tuesday, October 13th, 2009 at 12:34 pm and is filed under Politique française. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.