By politoblog | July 5, 2009 - 6:20 pm
Posted in Category: Politique française, société

La police française a une tradition raciste. La collaboration vichyste, la répression et le meurtre de 120 travailleurs algériens en 1961, témoignent de ce passé raciste. Au présent il semble que cette particularité raciste se soit certes atténuée, mais a surtout perdurée. En 1992 paraissait un rapport de la Fédération International des droits de l’Homme, intitulé “racisme et police en France”, qui mettait en lumière, au travers d’exemples concrets, les dérives de la police française, à l’encontre des personnes de couleur. Face à un public consterné les autorités avaient promis qu’elles allaient tout mettre en oeuvre pour faire bouger les choses. On a alors privilégié le dialogue et l’information avec les forces de sécurité et on a surtout fait place à plus de mixité raciale dans les services de police et de gendarmerie. Désormais le racisme devrait être banni de toute force de police en France.

Et pourtant une récente enquête, peu médiatisée et ayant suscité peu d’émoi chez nos politiques a révélé qu’en France et précisément en région parisienne, un noir ou un arabe avait de 3,5 à 15 fois plus de chances de subir un contrôle d’identité qu’un blanc. Cette étude a été menée discrètement par deux chercheurs français du CNRS, financés par l’Open Society Institute de Georges Soros. C’est d’autant plus choquant que l’on ne peut pas suspecter la main d’une manipulation ou d’un lobby derrière cette enquête. Les chercheurs ont fondé leur étude en observant de manière discrète des fonctionnaires de police qui effectuaient des contrôles au Chatelet et à la Gare du Nord. Les chercheurs du CNRS ont tout de même observé quelques 525 contrôles d’identité et cela sur une période 6 mois. Les données sont effrayantes. En moyenne un arabe a 8 fois plus de chances d’être contrôlé qu’un blanc et un noir 6 fois plus. Il y a t-il vraiment un profilage au faciès pour les contrôles d’identité ?

En réalité, pas complètement. les chercheurs ont aussi mis à jour d’autres variantes qui justifieraient le contrôle d’identité. Tout d’abord le sexe, les hommes seraient plus contrôlés que les femmes Il y aurait aussi comme critère le look vestimentaire . Selon l’étude, les personnes habillées dans un genre “hip hop” subiraient plus de contrôles d’identité que les autres. Sans trop s’avancer on pourrait rajouter d’autres critères, l’âge, les jeunes étant probablement plus contrôlés que les vieux, le lieu de résidence, on trouverait parmis les contrôlés plus de jeunes issus des banlieues, bien entendu on révélerait un autre critère découlant du précédent, le niveau social, les pauvres ont plus de chances de se faire contrôler que les riches. Un dernier élément pourrait aussi faire des différences dans le contrôle d’identité, le fait d’être seul ou en groupe. Si l’on additionne les critères cela donne ; si vous êtes une personne de couleur, arabe ou noir, que vous êtes un homme, que vous êtes originaire de banlieue, que vous adoptez un look “hip hop” et que vous vous déplacez en groupe, vous explosez vos chances de contrôle d’identité. Vous cumulez aux yeux de la police des tares et avez probalement pour eux un parfait profil criminel.

Ces dernierères années, j’ai eu la chance de ne m’être pas fait contrôler.  Probablement parce que Je suis blanc et que j’ai des accoutrements adéquat. J’ai discuté avec un ami jeune diplomate noir, si il lui était déjà arrivé, de se faire contrôler, après plusieurs années sur notre territoire. Il prend les transports en commun, il lui arrive de passer dans ces gares, parle français mieux que la plupart des français et est toujours remarquablement habillé. Il m’a répondu qu’il n’avait jamais subit de contrôlé d’identité. C’est peut être aussi du au hasard ?

Il semble qu’il n’y ait pas véritablement de pratique systématique de contrôle d’identité au faciès, mais plutôt qu’il y ait un contrôle à l’apparence. Le problème c’est que pour les services de police la couleur de peau semble constituer un élément de cette apparence. A mon avis la police est moins raciste que par le passé, mais a tout de même comme idée préconçue que ce sont en majorité, les jeunes arabes et les jeunes noirs de banlieue qui commettent le plus d’infractions. De toute façon pratiquer des contrôles systématiques sur les mêmes populations tend à activer un sentiment encore plus grand d’exclusion et de rejet pour ses populations. Si il y a eu des émeutes des banlieues à l’automne 2005, c’est peut être aussi en partie de la faute de la police qui commet quotidiennement des persécutions et des stigmatisations de profils criminels, à l’encontre de ces populations.

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