By politoblog | July 1, 2009 - 1:07 pm

Enfin on connait le pays grand perdant de la crise économique mondiale, celui qui s’est pris la plus grande tarte et qui mettra certainement longtemps, très longtemps à s’en remettre c’est, c’est ; United Kingdom ! Cela dit en même temps l’indice du titre rendait la réponse à la question facile. Depuis juin 2008 le PIB britannique aurait reculé de 4,9 %. Et puis même on pouvait dès 2007 prévoir que le Royaume Uni, allait sévèrement patir des crises financière puis économique. La décadence du Royaume est telle que même les froggies les ont dépassé en terme de création de richesses. Bastards ! Bon je vous l’avais déjà signifié dans un précédent billet, mais ca fait toujours du bien de se dire qu’on a niqué les rosbeefs. Mais ça tout le monde s’en fout au final. Il y a beaucoup plus important Mickael jackson est mort.

Une structure économique particulière :

Les britanniques ont une économie qui est d’abord tertiaire. Ils ont été les premiers à faire leur révolution industrielle et ont donc été les premiers à abandonner leur industrie. Il n’y a par exemple plus de secteur automobile après les retentissantes faillites de Rover et les pertes de Jaguar. Et dans le secteur tertiaire la première place revient aux services financiers, les domaines bancaire et assurantiel généraient avant la crise à peu près 8 % du PIB du Royaume. Le London Stock Exchange est le premier marché financier au monde. Il est donc logique qu’en pleine crise financière le Royaume Uni défaille. La Royaume Uni qui prône un libéralisme à tout crin en est aussi la première victime, le Royaume a un déficit commercial record. Il atteignait 156 milliards d’euros en 2007. Et la crise économique n’arrange encore rien à l’affaire. En outre au Royaume Uni la structure de marché est très concurrentielle et les entreprises britanniques pour rester compétitives réalisent très peu de marges sur leur marché intérieur, contrairement aux entreprises françaises. Et surtout en dehors de la zone euro le Royaume Uni ne bénéficie pas de la même protection économique de son marché et des mêmes débouchés. Par contre le Royaume Uni reste toujours maître de sa monnaie et a pu procéder à uné dévaluation pour améliorer sa compétitivité internationale et alléger le coût de sa dette.

La crise bancaire :

Rappelons aussi que la première banque à avoir défailli était une banque britannique la Nothern Rock, ceci expliquant peut être cela, la crise financière et économique est une crise anglosaxonne avant d’être américaine. Comme aux Etats-Unis, la crise au Royaume Uni a aussi démarré par une explosion de la bulle immobilière et comme aux Etats-Unis les ménages britanniques étaient engagés dans des emprunts chers, à taux variable et sans plan de financement viable. Pire les banques britanniques ont essuyé de très lourdes pertes, comparativement à la France et au reste de l’Europe (ex : Royal Bank of Scotland, 27 milliards d’euros en 2008), la crise du crédit et de la confiance n’a pas été restorée au Royaume Uni. Par rapport à l’ampleur des pertes le plan de refinacement des banques britanniques est modeste. Au Royaume-Uni, le gouvernement a injecté que 50 milliards de livres (un peu plus 60 milliards d’euros), dans le capital des banques anglaises. Seulement le plan comporte 25 milliards de livres en actions et 25 milliards en titres subordonnés (sorte d’équivalent d’une action sans droite de vote). C’est nettement insuffisant ! De surcoit le Gouvernement n’a toujours pas réglementé le secteur financier. C’est peut être la première garantie de la confiance et donc de la reprise.

Une chute sociale :

Les britanniques n’ont pas d’armotisseurs sociaux aussi efficaces qu’en France. Depuis les années 1990 les Gouvernement britannique s’est évertué à mettre en place une libéralisation à marche forcée et a complètement délaissé le volet social. Les britanniques détiennent sans aucun doute le pire système de santé de l’Europe occidentale et leurs systèmes d’enseignement et de formation reculent un peu plus chaque année. Ils ont officiellement moins de chômeurs que nous. Sauf qu’ils ne prennent pas en compte les inaptes dans leurs statistiques. En 2010 lorsque la France devrait voir son taux de chômage commencer à régresser, les britanniques devraient dépasser le cap des 10 %  de chômeurs. Selon les critères de pauvreté de l’OCDE, 50 % du revenu médian, 13 % de la population se trouverait en état de pauvreté et 23 % en état de précarité. Et ce ne sont encore que pour les années de faste. La crise économique a encore détérioré les choses.

L’endettement public :

Cela fera très certainement plaisir à Jean Michel Aphatie ; les britanniques ont un niveau d’endettement très largement inférieur au notre. En 2006 le déficit public britannique s’établissait à 700 milliards d’euros, soit environ 37 % du PIB.  Mais contrairement à nous leur dette dérape très vite. En 2009, la dette devrait représenter 49 % du PIB. Et l’Etat britannique n’a lui comparativement à la France, l’Allemagne ou l’Italie quasimment aucun actif. Tous les analystes prédisent que l’Etat devra encore mettre la main au portefeuille pour sauver les banques et allourdir encore sa dette. Ils devraient bientôt nous dépasser dans le ratio de  dette/PIB. On peut estimer qu’à ce train en 2012, les britanniques auront un ratio d’endettement/PIB supérieur à celui de la France, si les données actuelles restent en l’état.

Rajoutez là dessus une crise politique et une crise de modèle (européen ou anglo-saxon) et vous obtenez le pays le plus détérioré par la crise économique mondiale. Et dire que Nicolas Sarkozy voulait que l’on prenne le Royaume Uni comme modèle ?

This entry was posted on Wednesday, July 1st, 2009 at 1:07 pm and is filed under Politique internationale, Politique économique. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

1 Comment

    September 7, 2009 @ 5:54 pm


    [...] 1,9 %, devant l’Allemagne + 1,8 %, tandis que les britanniques devraient rester à 0 % (God save the queen) ce trimestre. Ne me dîtes pas que je n’avais pas dit que la France s’en sortirait [...]

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