Le 22 juin le Président de la République, dans son discours devant le Congrès a émis le souhait que le France s’engage dans un nouvel emprunt public. Les modalités de cet appel à l’épargne exceptionnel n’ont pas encore été déterminées. Quel en sera le montant, quels en seront les destinantaires, institutionnels ou particuliers, mais surtout quelle en sera l’utilisation ? Dimanche le Gouvernement et les ministres, nouvellement nommés, vont rentrer en séminaire, pour déterminer ensemble quelles seront les besoins et fixer les modalités de cet emprunt.

L’opposition a mis le haro. Tel Jean Marc Ayrault, représentant des députés socialistes, s’est exprimé hier sur cette volonté d’emprunt en disant que c’était une catastrophe budgétaire. Un an auparavant j’aurais été encore de son avis. Globalement le public est d’accord avec lui et dans les lieux d’expertise (bars, cafés, terrasses et sur le blog de Jean Michel Apathie) la France est déjà ruinée.

Les économies occidentales et la France n’y coupe pas, se sont lancées depuis la fin de la 2nde guerre mondiale, dans une frénésie de l’endettement, pour couvrir les dépenses sociales ou pour asseoir leur développement. Cette course éffrénée vers l’endettement ne peut que se prolonger. Il est possible pour contrer le déficit d’agir par la dévaluation ou par l’inflation (je ne détaille pas). Mais dans ces deux cas la France est dépendante, dans sa monnaie, des choix de la BCE. Nous n’avons alors comme choix pour réduire notre dette que de générer plus de richesses et/ou mener une politique de rigueur budgétaire. Nos seules armes ne sont donc plus qu’économiques, la France n’étant plus pourvue de solutions monétaires pour combattre sa dette.

Seulement le contexte économique ne se prête pas à la rigueur. En 1997, le Japon pour combattre la crise financière asiatique avait prôné un modèle de rigueur en ajustant ses dépenses publiques et en promulguant de nouvelles recettes fiscales sur la consommation. Il s’en était suivit le coup de bâton d’une récession alors que le Japon était jusqu’alors relativement préservé par la crise financière. On pourrait aussi prendre comme contre modèle d’une politique de rigueur budgétaire contre productive la France en 1929.

La meilleure défense c’est encore l’attaque. Si nous ne choisissons pas la rigueur, il faut donc passer à l’offensive économique, en menant une politique d’investissements massive. Ne disposant pas d’une marge de manoeuvre l’Etat doit alors normalement avoir recours à l’emprunt public. Une autre solution serait de privatiser une part plus grande des entreprises publiques pour lever des fonds. Mais dans des marchés atones et avec des participations publiques à belles perspective, cela reviendrait à brader inutilement des fleurons de nos industries. Attention si la France s’endette encore, il faut aussi dès à présent prendre des engagements et des mesures pour le futur, de rigueur budgétaire. Il faudra aussi prolonger les réformes de l’appareil administratif, ajuster le modèle social pour le rendre plus rentable et réformer la fiscalité. L’emprunt public n’est donc pas incenssé contrairement à ce que peut penser le profane, si l’on s’engage dès à présent à prendre la voie de la raison.

Ce n’est pourtant pas ça qui est le plus important actuellement. Pour être efficace il faut déterminer les secteurs dans lesquels il faut investir ces deniers ? Il faut encore déterminer quels sont les secteurs économiques d’avenir et quels seront les besoins dans le futur. Comme je déteste rester dans le questionnement inutile et que je préfère tenter d’apporter des réponses, je donne deux pistes ? Oui elles sont faciles. Je ne les évalue pas, mais elles sont pour moi des certitudes.

Les besoins démographiques :

On sait dès à présent que la France va rentrer dans un déficit démographique. Nous allons être confronté à moyen terme à un vieillissement de la population et à long terme à un déficit démographique. Il faudra développer encore plus les secteurs des services aux personnes âgées (emplois liés, infrastructures, activité avec moins de main d’oeuvre  donc automatisation, les politiques natalistes, la santé et les biotechnologies … etc.) et parvenir à assurer une rentabilité de ces services en secteur privé. D’un autre côté il faudra poursuivre les efforts de formation engagés vers les jeunes générations pour d’une part permettre le remplacement des actifs et d’autre part créer une force productive qui apporte plus de valeur ajoutée et donc crée plus de richesses. Il faudra aussi modifier notre système social. Enfin il faudra mener une politique intelligente de recherche de mâin d’oeuvre à l’étranger. En concurrence, il faudra savoir être attractifs.

Les besoins énergétiques :

Parler d’écologie c’est surtout, parler d’énergie. Tous les économistes, tous les financiers sont d’accord pour dire que le secteur économique qui va générerle plus de richesses au XXIème siécle, ce sont les énergies. Les besoins dans le futur sont immenses et surtout passent par un reformatage complet de la façon de penser les énergies. Nous sommes passés de l’air de l’abondance à celui de la rareté. Les entreprises françaises sont déjà à la pointe, nous sommes les meilleurs au monde dans la maitrise de l’énergie nucléaire et nos entreprises dans le secteur de l’eau sont parmi les plus performantes au monde. Seulement la France est en retard dans de nombreux autres domaines des énergies. Nous sommes en retard sur les énergies renouvelables, nous sommes en retard sur les économies d’énergie, sur les transports plus propres… etc. Nous devons engager de vastes investissements en R&D, favoriser le développement des entreprises dans ces domaines, et créer les filières de formation adéquates et adapter une politique fiscale adéquate pour combler nos lacunes. Nicolas Sarkozy en déplacement le 9 juin à l’Institut national de l’énergie solaire, en Savoie a dit : “Nous allons prendre dans les énergies renouvelables un virage aussi importantq ue le Général de Gaulle pour le nucléaire dans les années 1960. Ce n’est pas l’un ou l’autre. C’est l’un et l’autre”. Le Président de la République ne s’y trompe pas. Si le résultat équivaut à celui obtenu dans le nucléaire, la France sera le pays leader mondial dans les énergies.

This entry was posted on Friday, June 26th, 2009 at 5:32 pm and is filed under Politique française, Politique économique. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

2 Comments

    October 20, 2009 @ 11:01 am
    November 4, 2009 @ 1:42 am


    [...] ° Entre l’Elysée et Matignon sur le grand emprunt [...]

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