L’apathie est une maladie temporaire, correspondant à une fatigue physique et intellectuelle passagère. C’est aussi un sympathique journaliste politique qui officie sur RTL ou Canal +, à l’accent chantant qui sent bon le thym, le romarin, le serpolet et la gariguette. Vous allez me dire il n’y a pas vraiment de différence entre ces deux définitions ? Et bien non tout de même, allons, restez polis je vous prie !
Jusque là, je n’avais pas trop de reproche à faire à Jean Michel Apathie. Tous les matins, il nous livre des interviews très percutantes sur la classe politique, des analyses approfondies dans le grand journal de Canal +. Rien de bien méchant ! En bonus track on même droit sur son blog à des articles de fond, posts-interviews sur RTL, dans lesquels il nous narre le off de son fantastique métier ; le café, croissant, copain et politique. Ou parfois il nous gratifie d’un petit pipi sur ses collègues de même métier. Oh joie ! Jusque là je n’avais rien contre Jean Michel Apathie tant qu’il se contentait de s’occuper des problèmes politiques éminents, tel que la grossesse de Rachida Dati.
Mais depuis la crise financière, Jean Michel Apathie, a commencé à parler d’économie et de finance.
_ Ah bon ? Non sans déconner, il a fait ça !
_ Oui justement c’est là le problème !
_ Alors il est comment ?
_ Bah ! Le vrai qualificatif ca serait … NUL !
Là je suis un peu méchant. Il n’est pas le seul à faire ça ! Joffrin, Barbier, Kahn ou même Giesbert sont devenus des experts en économie et nous gratifient de leur expertise. Notre caste de journalistes de tours d’ivoires sont très mauvais en économie. Ils ont du sécher les UVs économie à Sciences Po. Et de cette crise financière, qui n’est en Europe, au fond qu’une perte de confiance dans le système, ils parlent de la crise comme le début de l’enfer sur terre ! Quand les médias ont besoin d’un spécialiste, on ressort du placard Minc, ancien conseillé de Jean Marie Messier. Remarque avant c’était pire dès que l’on parlait d’économie et de finance on appelait Marc Touati.
Que dire des politiques qui ont une véritable aversion pour l’économie ; “Je ne me suis pas tapé Normal Sup et l’Ena pour discourir comme un connard de prof de sciences économiques de lycée !”. Nous ne nommons pas d’économiste au ministère de l’économie et des finances, mais des personnages sinistres, comme Christine Lagarde, qui sauront gérer avec poigne les arbitrages entre les différents ministères.
Ajourd’hui l’Etat a établit un plan de garantie du système bancaire français. L’Etat s’engage à garantir les prêts dans le système bancaire à hauteur de 320 milliards et apporte aussi une garantie à hauteur de 40 milliards d’euros pour les banques qui voudraient lever des fonds pour se recapitaliser. L’Etat vient suppléer la Banque Centrale Européenne qui est venue à bout de ses possibilités de prêts aux banques.
Revenons à Jean Michel Apathie. Il a une marotte la dette publique française. Et développe chaque fois des analyses très pointues sur le sujet et selon les thèses économiques, qu’il a appris quand il était tout petit ;“un sou est un sou” et “du faut pas gâcher”. Jean Michel Apathie s’est étonné benoitement de la teneur de ce plan en rappelant que le Gouvernement avait eu du mal à débloquer 1,5 milliards d’euros pour financer le RSA. Il a expliqué que ces sommes seraient financées par l’emprunt de l’Etat et qu’une nouvelle fois, ces sommes allaient considérablement allourdir la dette publique. Faisant paniquer dans son siège le téléspectateur bêta et fulminer de rage le téléspectateur comme moi ! Jean Michel Apathie n’a pas expliqué que l’Etat apportait une garantie financière. C’est à dire que l’Etat, s’engage à garantir la banque débitrice défaillante, qui ne s’acquitterait pas de ses obligations auprès des autres banques créancières. En réalité tout le monde sait que l’Etat ne sera jamais appelé en garantie, tant que le système bancaire français se porte bien. En outre la recapitalisation permettrait à l’Etat de rentrer dans le capital de grandes banques françaises. Au niveaux des cours boursiers actuels des établissements financiers, l’Etat pourrait même à terme faire des affaires ! L’Etat, acteur toujours solvable dans le système, n’a apporté rien d’autre dans ce plan que sa garantie, pour palier une crise de défiance ou de panique, c’est selon.
Et nos journalistes politiques, tel Jean Michel Apathie, ne trouvent rien de mieux que d’entretenir la psychose ! Peut être pour tenir en haleine leurs spectateurs et accroitre leur audience. Attitude médiocre ou ignorante ?
This entry was posted on Tuesday, October 14th, 2008 at 12:07 am and is filed under Les médias, Politique française, Politique économique. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.