Si il fallait décerner des prix de communications politique, sans conteste Barack Obama les raflerait tous. Emouvant et rassurant en Israel, Homme d’Etat dans les traces d’un Kennedy ou d’un Reagan à Berlin et sympathique et amical à l’égard de Nicolas Sarkozy et surtout de la France ancien Etat non ami. A Londres il a parlé du désengagement d’Irak. Le seul reproche qu’à la rigueur l’on pourrait lui faire, c’est son passage éclair à Ramallah. Encore que je pense que ce soit plutôt une bonne chose aux yeux de l’opinion américaine. Mais il est moins sûr que les américains comprendront son voyage ? Surtout au moment où est voté au congrès américain un plan de garantie des emprunts américains. Jamais on avait vu une élection américaine aussi internationnalisée. Après la résolution des questions économiques (voir les propositions d’Obama et de Mc Cain), la politique étrangère américaine (et surtout le cas Irakien) est le lieu des débats qui intéresse le plus les américains. Ca tombe bien puisque les politiques étrangères et économiques des Etats-Unis sont des domaines qui peuvent avoir un impact sur l’avenir du monde. Par ex : 9 américains sur 10 souhaitent que le futur président redonne une bonne image des Etats Unis dans le monde. Et dans ce domaine Mc Cain a une crédibilité supérieure à celle d’Obama, qui a plus que largement rattrapé son retard par son trip à travers le monde. Les journaux et les télévisions se délectent des aventures de Barack dans le monde et ne commentent malheureusement que la photo ou la vidéo. Il se crée même en France des comités de soutiens à Obama, de la banlieue (un bon site) à la rive gauche (Jack Lang, Bernard-Henri Lévy, Sonia Rykiel, Olivier Duhamel, Bertrand Delanoë ou encore Pierre Bergé… etc).
Tout cela n’est au fond que du folklore !
Que recouvrent réellement les propositions de campagne de Barack Obama sur les questions de politique étrangère ?
Le renouvellement de la diplomatie américaine
C’est en quelque sorte les propositions qui prennent le contre pied de la doctrine Bush/Cheney. Dont Obama fait le constat que les Etats-Unis sont devenues mal aimées dans le monde et perçues comme un Etat arrogant.
Obama affirme qu’il est prêt à parler avec les chefs d’Etats de toutes les nations, amis ou ennemis. Il fait des questions nucléaires iranienne, Nord Coréenne, des menaces terroriste et du conflit Israelo-Palestinien des priorités diplomatiques clé. Ses objectifs sont l’abandon de la prolifération nucléaire, la lutte contre le terrorisme et la création d’un Etat palestinien, avec à ses côtés un Etat israelien sécurisé et en paix.
Obama veut multiplier les consulats dans le monde et spécialement en Afrique. Obama veut aussi développer l’aide civile à l’égard du continent africain. Il propose de réduire la pauvreté dans le monde de moitié d’ici à 2015 et de doubler d’ici là l’aide aux plus pauvres. En bref c’est la reprise des objectifs du G8. Pas très ambitieux ! Obama préconise aussi un renforcement des investissements en hommes, en argent et en matériel dans l’Otan. Enfin il propose de trouver de nouveaux partenaires militaires en Asie (partenaires actuels ; Japon, Corée du et Australie). On ne voit pas bien auprès de qui ces nouveaux partenariats pourraient être tissés ? L’Inde peut être ?
Obama identifie le terrorisme nucléaire et les Etats dangereux nucléarisés ( ??? le Pakistan sans Musharaf) comme la plus grand risque pour les Etats Unis. Sur ce point Obama rappelle qu’il rejoint et voté pour la proposition de Dick Lugar et le projet de loi Chuck Hagel qui visent à fournir aux Etats-Unis et à leurs alliés, les moyens de détection, de prévention contre les armes de destruction massive, de lutte contre le terrorisme nucléaire et la prolifération. Est-ce que cela relève de la psychose américaine ou d’une réalité ? Je ne suis pas assez informé sur la question pour émettre un avis. Nul doute que dans un futur plus ou moins lointain, il y aura un jour un attentat à la bombe sale ? Le problème est de savoir où est quand ? Cf. Hypothèse du roman de Lapierre et Colins “New York brule-t-il ?”. Obama propose notamment sur la question du nucléaire de renforcer le Traité de Non Prolifération (TNP), en interdisant par exemple toute production de nouvelles armes nucléaires. Plus épineuse question encore, Obama souhaite discuter avec la Russie. Pour l’empêcher de déployer ses missiles balistiques sur la côte occidentale et pour négocier de gré à gré avec cet Etat une nouvelle réduction des stocks d’armes nucléaires (Nouveau pan des Traités Salt I, II et III ?). Est-ce qu’Obama aura la capacité de convaincre un Medvedev, marionnettisé par Poutine ? On peut en douter.
Obama veut notamment abolir la culture du secret dans la politique étrangère américaine. Son credo est ; “La politique étrangère américaine est plus forte lorsque les américains sont unis et le gouvernement est ouvert et franc avec le peuple”. Pour ce faire il souhaite, en matière de politique étrangère, que les républicains et les démocrates travaillent ensemble, comme lui il a su le faire, aime t-il rappeler. Il créera au sein du Congrès un groupe bipartis amené à traiter des questions de politiques étrangères. Le groupe serait composé : des deux dirigeants des deux partis au Congrès, du président, de membres des forces armées, des relations extérieures, du renseignement et des comités de crédit. Cela représente les composantes de la Nation pour l’effort militaire, à la seule différence qu’on intègrerait un membre de l’opposition. Il propose de donner au directeur de la DNI (le renseignement, actuellement c’est John Negroponte) son indépendance, comme pour la FED. Est-ce bien judicieux ? Les présidents américains ont eu tant de mal à asseoire leur autorité sur le renseignement américain, qui a constitué pendant très longtemps un véritable contre pouvoir. Est-ce une réponse à la pression que l’administration Bush avait mis sur Georges Tenet ? Je ne sais pas si cette mesure est utile et surtout si elle est judicieuse. Pour changer la culture du secret, Obama veut créer un centre national de dé classification des dossiers sensibles. Enfin il souhaite que périodiquement des agents de l’administration des affaires étrangères puissent tenir des réunions publiques dans des hôtels de ville du pays afin de pouvoir répondre et débattre des questions de politique étrangère avec les citoyens. Cette proposition serait complètement inapplicable au Quai d’Orsay.
Sur l’Iran
Barack Obama a vis à vis du cas Iranien et des problèmes connexes (recherche de l’arme nucléaire et soutiens aux organisations jugées terroristes ex : Hezbollah libanais) que la République des mollahs peuvent créer la même approche que celle de Nicolas Sarkozy; la fermeté. Jusqu’alors il n’a pas été aussi véhément que notre Président (qui a pointé la menace de la guerre), sauf peut être lors de son voyage en Irsael. Pour Obama on ne peut pas encore parler d’option militaire face à l’Iran. Il rappelle à ce propos qu’il s’est opposé à l’amendement Kyl-Lieberman ; qui proposait d’utiliser la présence américaine en Irak pour lutter contre l’Iran. Obama est pour la diplomatie présidentielle directe avec l’Iran, sauf quand il est en Israel. Sur ce point Obama ne se prive pas de rappeler qu’il a une position contraire à celle de l’administration Bush et fait l’amalgame Bush-Mc Cain. Et cela depuis le début de la campagne. Pour Obama, en politique étrangère, Mc Cain est le successeur de Georges w Bush. Obama parle même d’un plan de soutien économique pour les investissements (concrètement la levée de l’embargo de 1995), si l’Iran abandonne son programme nucléaire et son soutien au terrorisme. Sinon à défaut, Obama préconise une gradation des sanctions économiques et un isolement diplomatique. Sur le cas de l’Iran, Obama a une bonne analyse, puisqu’il ne ferme pas la porte aux négociations et pense que la guerre doit être une ultime solution. Quelle seraient les conséquences d’un engagement militaire en Iran ? Un véritable bourbier pire qu’en Irak et un catastrophisme économique mondial, avec un baril à 220$.
Sur Israel
Pour Obama le partenariat avec Israel doit être fort et durable. C’est le premier et incontournable engagement au moyen orient. L’objectif de cette alliance doit tendre vers la sécurité d’Israel. Pour ce faire il reconnait à l’Etat d’Israel le droit de se défendre contre les attaques du Hezbollah libanais. Il veut qu’au Sénat soit pris une résolution contre la Syrie et contre l’Iran, au bénéfice de la sécurité d’Israel. Enfin il veut maintenir et accroitre le soutien des Etats-Unis à Israel, à la fois sur le plan militaire et économique. Il propose sur ces points que les budgets soient à la hausse. Cela se traduira par exemple par la poursuite de la collaboration de ces deux Etats dans le développement du bouclier antimissiles. Ces propositions ont une visée électoraliste. Il suit Mc Cain dans ses propositions. La diaspora israélite aux Etats-Unis est plutôt favorable à Mc Cain.
Sur l’Afrique
C’est sur ce terrain et celui la seulement qu’Obama a le plus de crédibilité que Mc Cain en matière de politique étangère. Et seulement parce qu’il est d’origine afro américaine. Barack Obama veut stopper le génocide au Darfour. Obama rappelle son entente avec les sénateurs Brownback et Reid, qui ont élaboré des projets de Loi pour apporter un financement pour l’Union africaine de maintien de la paix et pour responsabiliser les autorités soudanaises vis à vis des autorités. Il préconise de mettre fin à ce conflit par la prise de sanctions à l’encontre du Soudan. en par exemple intervenant sur les recettes pétrolières de ce pays. Il envisage aussi de faire déployer une force ONU de maintien de la paix, sur l’exemple congolais.
Justement sur le Congo (RDC), Obama souhaite mettre fin à la guerre ??? Il veut organiser la reconstruction dans ce pays, y développer des structures politiques, sévir contre la corruption et professionnaliser l’armée. L’aide américaine au Congo serait de 52 millions de $. Etonnant ? Je croyais que le Congo était déjà sous mandat ONU. Il y a encore la guerre en RDC ???
Enfin il apporte son soutien au financement du TPI pour la Sierra Leone qui doit notamment juger Charles Taylor. Mais jamais Barack Obama ne condamne les dictatures d’afrique et les autres nespotismes. décevant
Le cas Irakien; la cle de l’élection
Ce sera probablement la clé. Et sur ce point les deux candidats ont un point d’achoppement. Mc Cain souhaite engager de nouvelles troupes en Irak pour gagner la guerre. Et Obama est pour un plan de désengagement progressif d’Irak.
Prochainement Partie II- Le plan Obama pour l’Irak
En attendant …
Voilà ce que les américains retiennent du voyage d’Obama au Koweit, auprès des troupes investies en Irak
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Bonsoir,Merci pour ce blog, éclairant pour les questions économiques et de politiques étrangères concernant les élections américaines à venir (c’est ce qui m’a interéssé principalement). Il devient fastidieux de condenser et trier par soi même les flux d’informations, toujours plus nombreux: Votre entreprise est donc la bienbenue! Une agréable et enrichissante découverte qui invite à développer son esprit critique
Alex
[...] en période de pré-crise économique établit un brossage de programme de Barack Obama en politique étrangère hors Irak et en politique économique. Quelles seront les conséquences de l’élection de [...]
Energie nucléaire
Soixante ans de dissuasion nucléaire controversée Par : Y.Mérabet
La dissuasion nucléaire, dans les relations internationales, terme qui désigne une stratégie visant à décourager toute possibilité d’action hostile de la part d’une puissance ennemie. Une stratégie de dissuasion réussie implique qu’on puisse mettre l’agresseur potentiel dans un certain état d’esprit.
La fin de la dissuasion nucléaire
Avec elle, l’arme thermonucléaire nucléaire qui connaît un saut qualitatif, la fusion nucléaire permet d’atteindre des niveaux d’énergie sans commune mesure avec les intenses bombardements de la Seconde Guerre mondiale, y compris ceux d’Hiroshima et de Nagasaki. L’arme nucléaire la plus puissante jamais réalisée, la « Tsar Bomba » testée par les Soviétiques le 30 octobre 1961, dégage une énergie approchant l’équivalent de 60 mégatonnes de TNT. Avec de telles armes, il devient techniquement possible, pour la première fois dans l’histoire de l’Humanité, de rayer de la carte un pays entier tel qu’Israël, la Belgique, le Danemark ou de moins importance Israël, seulement avec une seule bombe. La Russie pourrait fabriquer à nos jour la bombe ‘H’, une arme nucléaire de plus de 100 mégatonnes de TNT pouvant rayer pour l’éternité l’Allemagne, la France et l’Angleterre à la fois, une dissuasion qui a fait frémir l’humanité pendant plus de soixante années. On le sait maintenant avec l’ouverture des archives soviétiques, le monde est passé tout près de la catastrophe nucléaire. C’est le moment de la prise de conscience des dangers de la guerre nucléaire, de l’inévitabilité de la détente voire de la coexistence pacifique, et de la nécessité de la maîtrise des armements. C’est également à la même époque que le statut de l’arme nucléaire comme instrument de dissuasion commence à être conforté avec la doctrine de riposte graduée. Alors les Etats-Unis doivent mesurer les conséquences d’une attaque suicidaire israélite sur le ‘bourbier nucléaire iranien’, l’Iran maitrise et manipule le nucléaire depuis 59 ans, bien avant les français et les russes, alors les américains et les juifs savent à qui ils ont à faire. Avant la date du soit disant le désarmement nucléaire en 1987, on était dans une logique de simple maîtrise des armements. Aujourd’hui, à l’exception notable de la Chine, toutes les puissances nucléaires officielles sont dans une phase de contraction ou de stabilisation de leurs armements nucléaires, mais nulle personne ne sait ce qui se passe en douce. La rupture de l’émergence d’une vision nouvelle de l’arme nucléaire dans les années 1995-1996, qui a consacré l’idée de ce que l’on pourrait appeler une « exception nucléaire ». C’est l’époque de l’accession de l’ensemble des membres non nucléaires de l’ONU au TNP, de la prorogation du Traité pour une durée indéterminée, de la conclusion du TICE, et enfin de l’avis consultatif de la Cour internationale de justice sur la licité de l’emploi de l’arme nucléaire (qui a eu un impact politique non négligeable). C’est à partir de cette date que les signataires du TNP se sont scindés en deux groupes; en EDAN et en ENDAN, ces derniers n’auront pas droit à la dissuasion nucléaire pour se protéger, ni même à l’accès de la technologie du nucléaire, ils doivent rentre compte aux premiers par le biais de l’AIEA. D’autres Etats comme Israël, le Pakistan et l’Inde non signataires du traité de non prolifération nucléaire ont créé un groupe rebelle violant la réglementation internationale. Le TNP a été signé par tous les États du monde sauf par l’Inde, le Pakistan et Israël qui, entre-temps se sont dotés d’un arsenal nucléaire sans réaction significative des puissances nucléaires reconnues et des instances onusiennes. Il apparait injuste de menacer l’Iran de sanctions plutôt que d’essayer de l’intégrer dans le concert des États œuvrant pour une plus grande stabilité dans cette région, qui a grand besoin. Au moment où de nouvelles sanctions contre l’Iran sont envisagées par le Conseil de Sécurité, les événements de ces dernières années sous le règne de Bush et de Sharon illustrent bien les paradoxes de cette lutte contre la prolifération nucléaire. Une attitude paradoxale des pays de l’EDAN qui laisse à désirer, Sarkozy le premier opposant du programme nucléaire iranien adopte l’arsenal nucléaire français aux nouveaux missiles, laboratoires d’essais de nouvelles armes, modernisation des sous-marins lance-engins etc. La Russie qui n’a pas de position claire envers le nucléaire iranien pour des raisons économiques, vient d’annoncer non seulement un effort de 145 milliards d’euros dans le domaine de la défense, mais aussi la construction de 50 nouveaux missiles intercontinentaux. Le Royaume-Uni estime aujourd’hui indispensable l’amélioration de sa force nucléaire. La Chine fait un effort considérable dans le domaine de la maîtrise de l’espace. Quant aux Etats-Unis, les leaderships de la compagne anti-iranienne et anti-musulmane n’abandonnent pas le projet de faire de leur pays un “sanctuaire” et la pierre angulaire du néo-colonialisme, ce qui est un facteur déstabilisateur de la dissuasion. Aujourd’hui ce qu’il est convenu d’appeler le « tabou nucléaire » se renforce de plus en plus. Soixante ans sans emploi de l’arme nucléaire, est un record, cela mérite d’être souligné et de s’assurer d’une ‘paix nucléaire’ même si chaque Etat de la planète est doté de sa propre bombe nucléaire, l’évènement des 60 années mérite d’être fêté. Pour rappel la tragédie d’Hiroshima ait eu pour effet de nous immuniser contre la ‘phobie du nucléaire’ pendant 60 ans, mais si les menaces d’Israël persistent alors là le contrat d’assurance sera résilié et notre monde disparaitra, y compris les Etats-Unis et Israël. Il est temps que ces derniers prennent conscience d’une éventuelle catastrophe nucléaire et de mesurer l’intensité et le potentiel de riposte Iranien, une attaque suicidaire d’Israël sur l’Iran telle quelle est conçue par le Pentagone est à écarter définitivement, il se pourrait que les Etats-Unis soient pulvérisés bien avant qu’Israël lâchera sa première bombe sur l’Iran, ces deux pays se sont fait trop d’ennemis. Sans doute aussi avons-nous eu de la chance, notamment en 1962. A moins qu’il ne faille y voir dans l’absence de conflit Est-Ouest l’intervention de la « Divine Providence » que Jean-Paul II mentionnait dans son testament. (L’Encyclique « Pacem in Terris » avait d’ailleurs été suscitée par la crise de Cuba.) Mais les faits sont là. L’arme nucléaire n’a pas été employée alors que les tentations n’ont pas manqué. Or plus, le temps passe, plus le tabou nucléaire se renforce. C’est une bonne nouvelle: contrairement à ce que l’on pouvait penser, les nouveaux détenteurs de l’arme nucléaire ont adopté une logique de dissuasion. L’évolution des rapports indo-pakistanais depuis la fin des années 1980 est d’ailleurs parfaitement conforme à la théorie de la dissuasion! C’est l’une des raisons pour lesquelles, la dissuasion nucléaire a été toujours plus efficace que la bombe atomique elle-même, il y ait aujourd’hui un « affaiblissement du seuil nucléaire ». Contrairement à ce qui est régulièrement colporté, il n’y a pas d’évolution de la doctrine nucléaire juive vers une « doctrine d’emploi de l’arme nucléaire» contre le monde musulman, sans exclure l’Egypte et l’Arabie Saoudite les deux principaux alliés de la cause israélite. Aucune déclaration, aucun texte officiel ne permet de dire que la doctrine américano-israélite a évolué dans ses fondements. En particulier, l’idée selon laquelle les États-Unis auraient désormais adopté une logique de « frappe préventive nucléaire » ne repose sur aucun fondement. (En revanche, la préemption a toujours fait partie des options américaines.) Quant aux soient-disant nouvelles armes nucléaires américaines, qui n’existent aujourd’hui qu’à l’état de projet, elles ne seront pas nécessairement de faible puissance, contrairement à ce que l’on a pu lire ici ou là, et surtout, elles sont destinées à une logique de dissuasion sans aucune efficacité. Mais c’est une forme de paradoxe : aux Etats-Unis, la peur du nucléaire reste intacte même si elle ne se présente pas de la même manière qu’au temps de la guerre froide, la population américaine sous tension du 11 septembre vivent dans une appréhension continuelle et comme sous la menace d’un épouvantable ouragan, capable de se déchaîner à tout instant par une attaque nucléaire sur leur sol ou une attaque spectaculaire et conventionnelle, il sont devenus vulnérables, leur dissuasion de puissance n’a pas réussi. Et non sans raison, puisque l’armement est toujours prêt.
Quand la dissuasion nucléaire perd son efficacité Qu’il y ait des hommes au monde pour prendre la responsabilité des massacres et des ruines sans nombre d’une guerre, cela peut paraître incroyable ; pourtant, on est contraint de l’avouer, une surprise, un accident suffiraient à provoquer la conflagration. » Encyclique Pacem in Terris, 11 avril 1963. En effet, la plus puissante bombe conventionnelle jamais testée, la fameuse Massive Ordnance Air Blast américaine (« Mother of All Bombs »), est d’une énergie équivalente à la plus petite arme nucléaire jamais réalisée, c’était dans les années 1960, c’est-à-dire une énergie équivalente à 10-15 tonnes de TNT. Mais cette arme miniature (qui équipait notamment le mortier Davy Crockett, ainsi que les Special Atomic Demolition Munitions, « le nucléaire dans un sac à dos » n’est plus en service depuis longtemps, et les armes nucléaires les plus petites en service aujourd’hui ont une énergie bien supérieure. Tout cet arsenal nucléaire a était testé sur les humains, aux Balkans, à Gaza sur des bébés arabes, en Afghanistan, en Irak au Liban, en Afrique noire et partout là ou il y’a une revendication populaire. Cet armement est bel et bien entre les mains de groupes de résistance arabe (l’AIEA doute beaucoup sur ça). Le retour à la dissuasion par l’arme conventionnelle, la Russie vient de tester la plus puissante bombe conventionnelle de son arsenal, et prétendument du monde. Ce qui n’a pas laissé les Américains sans voix. Côté russe, on affirme que cette bombe thermobarique, ou à effet de souffle, est comparable à une bombe nucléaire et, surtout, serait quatre fois plus puissante que celle dont disposent les Etats-Unis. Signe de cette performance, la super-bombe russe a été surnommée “Père de toutes les bombes”, en référence à son homologue américaine, connue sous le sigle GBU-43/B MOAB, abréviation de Massive Ordnance Air Blast Bomb (MOAB), mais que l’on assimile aussi à “Mère de toutes les bombes” [Mother Of All Bombs] qui fut testée pour la première fois en mars 2003. En réponse à l’essai de la bombe russe, les Etats-Unis ont déclaré qu’ils en possèdent une pire, note la Komsomolskaïa Pravda. Le tabloïd rapporte les propos du général américain Thomas McInerney, ancien chef d’état-major en second de l’armée de l’air des Etats-Unis, tenus sur la chaîne Fox : “Nous avons une bombe de 14 tonnes plus destructrice que la bombe russe et capable de frapper n’importe quel bunker souterrain.”, D’après le Moskovski Komsomolets, il s’agirait de la GBU-43 MOP (Massive Ordnance Penetrator), une version modifiée de la MOAB et dont deux essais ont été réalisés en 2004. Outre le fait d’être guidée par satellite, comme la MOAB, cette dernière bombe a une capacité de pénétration jusqu’à 30 mètres sous le niveau du sol, la même que celle utilisée par l’armée américain pendant la guerre d’Irak détruire des bunkers abritant des petits écoliers. Le général Thomas McInerney, qui dirige l’Iran Policy Comittee (Comité d’experts sur la politique à l’égard de l’Iran), s’exprimait sur les scénarios de frappes aériennes contre la république islamique, sans évaluer le risque en cas ou il pourrait bombarder plus d’une centaine de site abritant de grandes quantités d’uranium enrichi. Ceci, laisse à penser que l’on va combattre les armes nucléaires par des armes conventionnelles, pour déclencher une catastrophe. Alors si même le cycle du nucléaire militaire n’est pas complet, c’est ce bombardement qui va le compléter pour déclencher le ‘bourbier nucléaire iranien’ engendrant la plus grande catastrophe nucléaire de tous les temps. La dissuasion nucléaire rendue in crédible et sans efficacité depuis après la guerre froide, l’attaque israélite sur l’Iran créera la confusion dans plus dans un monde nucléarisé qui veut en finir avec les Etats-Unis et Israël. Avant même qu’Israël attaquera l’Iran, c’est des dizaines de bombes atomiques qui se déverseront sur Israël, l’Occident et les Etats-Unis, ça se sera une guerre sans revendication ou règnera la panique et la confusion. De toute façon, tout le monde profiterai de la confusion pour régler leurs propres comptes, y les résistants arabes. Bref ! la dissuasion nucléaire vient de perdre sa crédibilité auprès des pays visés par les Etats-Unis et l’Occident, il est devenu obsolète et d’aucune efficacité et c’est le conventionnel qui prendra le dessus. C’est le conventionnel qui a rattrapé par le haut le nucléaire, le spectre d’une attaque suicidaire israélite sur l’Iran s’éloigne, on se demande toujours pourquoi les Etats-Unis ne tolèrent pas leur ‘bébé Israël’ de bombarder la Corée du Nord, le Pakistan ou l’Inde? Grace à Dieu, le conventionnel reprend le dessus sur le nucléaire, c’est aussi une bonne nouvelle ravissante. Car dès lors que l’on est dans une logique d’emploi, à effets équivalent, tout chef d’État préférera toujours le conventionnel au nucléaire. Alors pourquoi les Occidentaux continuent à faire du nucléaire iranien un sujet tabou, alors qu’il y a d’autres moyens de riposte beaucoup plus efficace et plus décisive qu’une bombe atomique, si ce n’est pas Israël qui prolonge le sursis de la dissuasion nucléaire pour sa survie au milieu des arabes s’auto-régulariser à l’échelle planétaire, le sujet iranien est autre que le nucléaire. La stratégie nucléaire est une « langue morte ». En matière de dissuasion nucléaire, tous les concepts ont été formulés avant 1975. Avant même Hiroshima l’essentiel était dit. Les physiciens américains – au premier rang desquels Joseph Rotblat, qui fut le seul à quitter le projet Manhattan – avaient déjà conceptualisé l’idée de la dissuasion nucléaire dès le début de la Seconde Guerre mondiale. Et les débats de 1944-1945 sur l’emploi de l’arme future avaient déjà fait apparaître les principaux éléments (dissuasion, démonstration, coercition…) et les principaux débats (faut-il délibérément cibler les populations civiles ?). Rien de nouveau n’est apparu après le milieu des années 1970. En outre, hormis le cas extrême d’un affrontement militaire total entre deux puissances nucléaires majeures, les crises de demain ne se prêteront guère à la mise en œuvre des grilles conceptuelles développées au cours de la Guerre froide. Ainsi peut-on dire que si l’arme nucléaire est moderne, parce qu’elle continue à empêcher la guerre entre deux de ses détenteurs, la stratégie nucléaire, en revanche, est une « langue morte », alors que la fin du conflit Est-Ouest a permis la redécouverte des guerres de manœuvre et de bouclier nucléaire, la stratégie conventionnelle est aujourd’hui redevenue une « langue vivante ». Nous voyons les crises iraniennes et nord-coréennes comme l’avant-garde d’une nouvelle vague de prolifération nucléaire, qui cherchent à affirmer leur identité nationale mais aussi à se prémunir contre la supériorité militaire occidentale et de ses agressions. Le nucléaire rend les nations libres, pour le meilleur et le pire. Mais l’ordre international est contesté par l’arme nucléaire. Cela a été le cas dès les origines. L’ONU est une organisation pré nucléaire, la Charte de l’ONU est un document pré nucléaire. C’est en petite une coïncidence si les cinq membres permanents du Conseil de sécurité sont aussi les cinq puissances nucléaires au sens du TNP. L’ordre actuel est aujourd’hui contesté et rejette par l’opinion publique internationale. D’abord, la notion de puissance nucléaire a volé en éclat en 1998 avec les essais indien et pakistanais, qui révélaient au grand jour une capacité acquise une dizaine d’années auparavant. Ensuite, des pays non nucléaires revendiquent un statut de membre permanent au Conseil. Enfin, certains (l’Inde) ont espéré que leur statut nucléaire leur ouvrirait les portes du Conseil. Et ce sont les États de l’EDAN qui, au nom d’un TNP qu’ils ne respectent pas, refusent aux autres États du monde l’accès au nucléaire civil et militaire et même dans le cas de l’Iran, l’accès à la maîtrise du processus complet d’enrichissement de l’uranium à des fins civiles parce que celle-ci lui permettrait d’avoir accès facilement au nucléaire militaire. Plus paradoxale encore est l’attitude des membres du Club nucléaire vis-à-vis des trois États rebelles l’Inde, le Pakistan et Israël qui ne veulent plus signer le TNP, parc qu’ils deviennent dissuasifs et sont dotés d’un arsenal nucléaire. Les Etats-Unis viennent de signer un accord avec l’Inde qui prévoit une dissociation entre le nucléaire civil et le nucléaire militaire de cet Etat. En fait, l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) contrôlera le nucléaire civil suivant les règles du TNP, ce qui permettra à l’Inde de satisfaire à terme ses immenses besoins énergétiques civils, mais l’Inde gardera son autonomie vis-à-vis du nucléaire militaire c’est-à-dire son indépendance, dans le développement des bombes atomiques. S’inscrire dans le réseau mondial nucléaire civil permet à l’Inde d’acquérir de l’uranium sur le “marché” et à quelques grands pays fournisseur d’uranium enrichi notamment : Israël, les Etats-Unis, le Canada, la France et la Russie, et bien d’autres non répertoriés par l’AIEA de profiter de quelques contrats intéressants (centrales nucléaires, etc.) sans oublier quelques juteux contrats d’armements classiques. Notons que quelques spécialistes indiens de la dissuasion n’étaient pas très partisans de cet accord qui freine, d’après eux, l’accès de l’Inde à une “dissuasion minimum crédible”. Il est bon de souligner ici que l’accès à celle-ci signifie essentiellement “capacité de contre-frappe” c’est-à-dire capacité de riposter à un agresseur en lui infligeant des pertes intolérables. Cela est bien autre chose que de disposer de quelques armes nucléaires et exige un effort considérable et de longue haleine non seulement dans le domaine des armes mais aussi dans les domaines des vecteurs et de la maîtrise de l’espace. Inutile d’évoquer le cas israélien. Aucun membre du Club nucléaire n’a jamais critiqué l’accès d’Israël au rang de puissance nucléaire, pour de nombreuses raisons d’ailleurs. Le Pakistan pose plus de problèmes pour le Club, mais comme il est devenu un allié des Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme international, il est aujourd’hui considéré comme un acteur “responsable” dans le concert des puissances nucléaires. Voilà pourtant un Etat qui non seulement n’a pas signé le TNP est en outre le seul, connu à ce jour, à avoir fait commerce de technologies nucléaires avec… la Corée du Nord ! Et voilà que le Premier ministre pakistanais qui estime, bien entendu, que l’Iran ne désirait pas posséder d’armes nucléaires à l’avenir. Il pense quand même qu’une action militaire contre l’Iran serait catastrophique pour la région et il prône le dialogue entre les parties, comme si le Pakistan avait des leçons de sagesse et retenue à donner aux autres comme Israël. Et c’est ainsi que ces trois États nucléaires entourant l’Iran bénéficient eux de l’amicale compréhension, si ce n’est l’appui total, des membres du Club nucléaire départagé sur la question iranienne. L’avenir de l’arme nucléaire se joue en Asie et au Moyen-Orient. C’est là que se trouvent les arsenaux nucléaires incontrôlables en puissance et en nombre (Israël possède plus de 300 têtes nucléaires) ainsi que les principaux risques de prolifération, et les risques d’emploi (Israël un Etat rebelle au TNP, menace l’Iran signataire du TNP), c’est dans ces pays qu’on peut s’approvisionner en produit nucléaire à bon prix, sans emmerdement. La prolifération nucléaire est assuré par la vulgarisation des armes nucléaires sans risque d’être utilisées quant à la dissuasion elle a tendance de disparaitre. D’autres armes sont beaucoup plus destructives que le nucléaire et qui font peur. Le nucléaire n’a plus le monopole de dissuasion, bien qu’aucune technologie envisageable aujourd’hui n’ait les mêmes effets physiques et psychologiques.
Conclusion L’arme nucléaire reste le monopole des Etats, quant à la dissuasion elle deviendra la propriété du terrorisme.
Expert en énergie
Déposé sur presse le 05/08/2009
Algerian Society For International Relations