By admin | July 26, 2008 - 9:38 pm
Posted in Category: Politique internationale

Si il fallait décerner des prix de communications politique, sans conteste Barack Obama les raflerait tous. Emouvant et rassurant en Israel, Homme d’Etat dans les traces d’un Kennedy ou d’un Reagan à Berlin et sympathique et amical à l’égard de Nicolas Sarkozy et surtout de la France ancien Etat non ami. A Londres il a parlé du désengagement d’Irak. Le seul reproche qu’à la rigueur l’on pourrait lui faire, c’est son passage éclair à Ramallah. Encore que je pense que ce soit plutôt une bonne chose aux yeux de l’opinion américaine. Mais il est moins sûr que les américains comprendront son voyage ? Surtout au moment où est voté au congrès américain un plan de garantie des emprunts américains. Jamais on avait vu une élection américaine aussi internationnalisée. Après la résolution des questions économiques (voir les propositions d’Obama et de Mc Cain), la politique étrangère américaine (et surtout le cas Irakien) est le lieu des débats qui intéresse le plus les américains. Ca tombe bien puisque les politiques étrangères et économiques des Etats-Unis sont des domaines qui peuvent avoir un impact sur l’avenir du monde. Par ex : 9 américains sur 10 souhaitent que le futur président redonne une bonne image des Etats Unis dans le monde. Et dans ce domaine Mc Cain a une crédibilité supérieure à celle d’Obama, qui a plus que largement rattrapé son retard par son trip à travers le monde. Les journaux et les télévisions se délectent des aventures de Barack dans le monde et ne commentent malheureusement que la photo ou la vidéo. Il se crée même en France des comités de soutiens à Obama, de la banlieue (un bon site) à la rive gauche (Jack Lang, Bernard-Henri Lévy, Sonia Rykiel, Olivier Duhamel, Bertrand Delanoë ou encore Pierre Bergé… etc).

Tout cela n’est au fond que du folklore !

Que recouvrent réellement les propositions de campagne de Barack Obama sur les questions de politique étrangère ?

Le renouvellement de la diplomatie américaine

C’est en quelque sorte les propositions qui prennent le contre pied de la doctrine Bush/Cheney. Dont Obama fait le constat que les Etats-Unis sont devenues mal aimées dans le monde et perçues comme un Etat arrogant.

Obama affirme qu’il est prêt à parler avec les chefs d’Etats de toutes les nations, amis ou ennemis. Il fait des questions nucléaires iranienne, Nord Coréenne, des menaces terroriste et du conflit Israelo-Palestinien des priorités diplomatiques clé. Ses objectifs sont l’abandon de la prolifération nucléaire, la lutte contre le terrorisme et la création d’un Etat palestinien, avec à ses côtés un Etat israelien sécurisé et en paix.

Obama veut multiplier les consulats dans le monde et spécialement en Afrique. Obama veut aussi développer l’aide civile à l’égard du continent africain. Il propose de réduire la pauvreté dans le monde de moitié d’ici à 2015 et de doubler d’ici là l’aide aux plus pauvres. En bref c’est la reprise des objectifs du G8. Pas très ambitieux ! Obama préconise aussi un renforcement des investissements en hommes, en argent et en matériel dans l’Otan. Enfin il propose de trouver de nouveaux partenaires militaires en Asie (partenaires actuels ; Japon, Corée du et Australie). On ne voit pas bien auprès de qui ces nouveaux partenariats pourraient être tissés ? L’Inde peut être ?

Obama identifie le terrorisme nucléaire et les Etats dangereux nucléarisés ( ??? le Pakistan sans Musharaf) comme la plus grand risque pour les Etats Unis. Sur ce point Obama rappelle qu’il rejoint et voté pour la proposition de Dick Lugar et le projet de loi Chuck Hagel qui visent à fournir aux Etats-Unis et à leurs alliés, les moyens de détection, de prévention contre les armes de destruction massive, de lutte contre le terrorisme nucléaire et la prolifération. Est-ce que cela relève de la psychose américaine ou d’une réalité ? Je ne suis pas assez informé sur la question pour émettre un avis. Nul doute que dans un futur plus ou moins lointain, il y aura un jour un attentat à la bombe sale ? Le problème est de savoir où est quand ? Cf. Hypothèse du roman de Lapierre et Colins “New York brule-t-il ?”. Obama propose notamment sur la question du nucléaire de renforcer le Traité de Non Prolifération (TNP), en interdisant par exemple toute production de nouvelles armes nucléaires. Plus épineuse question encore, Obama souhaite discuter avec la Russie. Pour l’empêcher de déployer ses missiles balistiques sur la côte occidentale et pour négocier de gré à gré avec cet Etat une nouvelle réduction des stocks d’armes nucléaires (Nouveau pan des Traités Salt I, II et III ?). Est-ce qu’Obama aura la capacité de convaincre un Medvedev, marionnettisé par Poutine ? On peut en douter.

Obama veut notamment abolir la culture du secret dans la politique étrangère américaine. Son credo est ; “La politique étrangère américaine est plus forte lorsque les américains sont unis et le gouvernement est ouvert et franc avec le peuple”. Pour ce faire il souhaite, en matière de politique étrangère, que les républicains et les démocrates travaillent ensemble, comme lui il a su le faire, aime t-il rappeler. Il créera au sein du Congrès un groupe bipartis amené à traiter des questions de politiques étrangères. Le groupe serait composé : des deux dirigeants des deux partis au Congrès, du président, de membres des forces armées, des relations extérieures, du renseignement et des comités de crédit. Cela représente les composantes de la Nation pour l’effort militaire, à la seule différence qu’on intègrerait un membre de l’opposition. Il propose de donner au directeur de la DNI (le renseignement, actuellement c’est John Negroponte) son indépendance, comme pour la FED. Est-ce bien judicieux ? Les présidents américains ont eu tant de mal à asseoire leur autorité sur le renseignement américain, qui a constitué pendant très longtemps un véritable contre pouvoir. Est-ce une réponse à la pression que l’administration Bush avait mis sur Georges Tenet ? Je ne sais pas si cette mesure est utile et surtout si elle est judicieuse. Pour changer la culture du secret, Obama veut créer un centre national de dé classification des dossiers sensibles. Enfin il souhaite que périodiquement des agents de l’administration des affaires étrangères puissent tenir des réunions publiques dans des hôtels de ville du pays afin de pouvoir répondre et débattre des questions de politique étrangère avec les citoyens. Cette proposition serait complètement inapplicable au Quai d’Orsay.

Sur l’Iran

Barack Obama a vis à vis du cas Iranien et des problèmes connexes (recherche de l’arme nucléaire et soutiens aux organisations jugées terroristes ex : Hezbollah libanais) que la République des mollahs peuvent créer la même approche que celle de Nicolas Sarkozy; la fermeté. Jusqu’alors il n’a pas été aussi véhément que notre Président (qui a pointé la menace de la guerre), sauf peut être lors de son voyage en Irsael. Pour Obama on ne peut pas encore parler d’option militaire face à l’Iran. Il rappelle à ce propos qu’il s’est opposé à l’amendement Kyl-Lieberman ; qui proposait d’utiliser la présence américaine en Irak pour lutter contre l’Iran. Obama est pour la diplomatie présidentielle directe avec l’Iran, sauf quand il est en Israel. Sur ce point Obama ne se prive pas de rappeler qu’il a une position contraire à celle de l’administration Bush et fait l’amalgame Bush-Mc Cain. Et cela depuis le début de la campagne. Pour Obama, en politique étrangère, Mc Cain est le successeur de Georges w Bush. Obama parle même d’un plan de soutien économique pour les investissements (concrètement la levée de l’embargo de 1995), si l’Iran abandonne son programme nucléaire et son soutien au terrorisme. Sinon à défaut, Obama préconise une gradation des sanctions économiques et un isolement diplomatique. Sur le cas de l’Iran, Obama a une bonne analyse, puisqu’il ne ferme pas la porte aux négociations et pense que la guerre doit être une ultime solution. Quelle seraient les conséquences d’un engagement militaire en Iran ? Un véritable bourbier pire qu’en Irak et un catastrophisme économique mondial, avec un baril à 220$.

Sur Israel

Pour Obama le partenariat avec Israel doit être fort et durable. C’est le premier et incontournable engagement au moyen orient. L’objectif de cette alliance doit tendre vers la sécurité d’Israel. Pour ce faire il reconnait à l’Etat d’Israel le droit de se défendre contre les attaques du Hezbollah libanais. Il veut qu’au Sénat soit pris une résolution contre la Syrie et contre l’Iran, au bénéfice de la sécurité d’Israel. Enfin il veut maintenir et accroitre le soutien des Etats-Unis à Israel, à la fois sur le plan militaire et économique. Il propose sur ces points que les budgets soient à la hausse. Cela se traduira par exemple par la poursuite de la collaboration de ces deux Etats dans le développement du bouclier antimissiles. Ces propositions ont une visée électoraliste. Il suit Mc Cain dans ses propositions. La diaspora israélite aux Etats-Unis est plutôt favorable à Mc Cain.

Sur l’Afrique

C’est sur ce terrain et celui la seulement qu’Obama a le plus de crédibilité que Mc Cain en matière de politique étangère. Et seulement parce qu’il est d’origine afro américaine. Barack Obama veut stopper le génocide au Darfour. Obama rappelle son entente avec les sénateurs Brownback et Reid, qui ont élaboré des projets de Loi pour apporter un financement pour l’Union africaine de maintien de la paix et pour responsabiliser les autorités soudanaises vis à vis des autorités. Il préconise de mettre fin à ce conflit par la prise de sanctions à l’encontre du Soudan. en par exemple intervenant sur les recettes pétrolières de ce pays. Il envisage aussi de faire déployer une force ONU de maintien de la paix, sur l’exemple congolais.

Justement sur le Congo (RDC), Obama souhaite mettre fin à la guerre ??? Il veut organiser la reconstruction dans ce pays, y développer des structures politiques, sévir contre la corruption et professionnaliser l’armée. L’aide américaine au Congo serait de 52 millions de $. Etonnant ? Je croyais que le Congo était déjà sous mandat ONU. Il y a encore la guerre en RDC ???

Enfin il apporte son soutien au financement du TPI pour la Sierra Leone qui doit notamment juger Charles Taylor. Mais jamais Barack Obama ne condamne les dictatures d’afrique et les autres nespotismes. décevant

Le cas Irakien; la cle de l’élection

Ce sera probablement la clé. Et sur ce point les deux candidats ont un point d’achoppement. Mc Cain souhaite engager de nouvelles troupes en Irak pour gagner la guerre. Et Obama est pour un plan de désengagement progressif d’Irak.

Prochainement Partie II- Le plan Obama pour l’Irak

En attendant …

Voilà ce que les américains retiennent du voyage d’Obama au Koweit, auprès des troupes investies en Irak

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2 Comments

    September 19, 2008 @ 3:14 am


    Bonsoir,Merci pour ce blog, éclairant pour les questions économiques et de politiques étrangères concernant les élections américaines à venir (c’est ce qui m’a interéssé principalement).  Il devient fastidieux de condenser et trier par soi même les flux d’informations, toujours plus nombreux: Votre entreprise est donc la bienbenue! Une agréable et enrichissante découverte qui invite à développer son esprit critique :)Alex

    Posted by Alexandre
    November 7, 2008 @ 3:13 am


    [...] en période de pré-crise économique établit un brossage de programme de Barack Obama en politique étrangère hors Irak et en politique économique. Quelles seront les conséquences de l’élection de [...]

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