By politoblog | June 20, 2008 - 12:22 am
Posted in Category: Politique économique

oncle samSerge Dassault, marchand d’armes, patron de presse et accessoirement Sénateur a proposé devant le Sénat la solution miracle pour se débarasser enfin du chômage, ce fléau qui laisse à la charge de notre société, ces cohortes d’authentiques feignants qui nous sucent notre argent et nos financements ;

Serge Dassaut a trouvé “anormal” que l’Etat aide les chômeurs, “des gens qui ne veulent pas travailler” et suggère de “réduire carrément les aides”. “Le problème n’est pas seulement de trouver de l’emploi mais aussi que l’assistance et les aides diverses aux chômeurs sont trop élevées, à mon avis, pour qu’ils aient une certaine envie de travailler”. (source nouvelobs)

Dans une analyse de 2nd degré, cette proposition est efficace et réelle et vécue puisqu’elle vient de quelqu’un qui a connu la difficulté de la vie, en construisant sa carrière lui même et sans aucune aide. Un self made man modèle sur lequel devraient prendre modèle tous les chômeurs de France. Enfin quelqu’un qui ose dire la vérité sur le scandale du chômage. Si j’avais été à sa place j’aurais proposé soit le retour à l’esclavage ou la solution finale. Mais Serge est trop pudique, trop timide et trop gentil avec les chômeurs.

Rappel de l’analyse néoclassique du chômage ;

En fait Serge Dassault a une conception “néoclassique” du chômage. Dans le modèle “néoclassique” le chômage est considéré comme un fait volontaire. Dans la conception “classique” le chômage est volontaire parce que le chômeur n’accepte pas le salaire d’équilibre entre l’offre et la demande. Dans l’optique “néoclassique”, le chômeur fait la balance entre les avantages issus du travail, principalement le salaire et les désavantages principalement la perte d’éventuels revenus de prestations sociales liées à son inactivité. Comparativement entre ces avantages, le chômeur accepte alors soit l’emploi soit le refuse, volontairement.

Plusieurs éléments faussent l’analyse ;

_ La demande de travail est désormais mondialisée et donc le salaire d’équilibre ou d’efficience tend à diminuer de plus en plus.

_ Le salaire minimum empêche heureusement de parvenir sur le marché du travail au salaire d’efficience.

_ D’autres éléments que le salaire entrent en compte, dans le chômage volontaire du côté de l’offre et de la demande (le temps de loisir, la reconnaissance sociale de l’emploi…etc).

_ Et tous les patrons ne sont pas de gros cons comme Serge Dassault.

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