Ce type est un criminel.
Le président de l’Eurogroupe finance s’en est pris récemment, lors du sommet FAO, aux spéculateurs qui agissent sur les marchés des matières agricoles en les qualifiant de “criminels” et de “rapaces”. Et pourtant il n’a rien d’un alter mondialiste.
parenthèse … [L'information, très loin de la calomnie et très proche de la vérité, est passée quasiment inaperçue dans la presse française. En effet il se joue en coulisse, la présidence de l'Union européenne et la France, enfin surtout Nicolas Sarkozy soutiennent ouvertement Tony Blair et la diplomatie française européenne fait courir les pires persiflages sur l'ennemi Juncker, duquel ils ne se privent jamais de rappeler ses problèmes d'alcoolisme. Enfin le jeu ne pourra se faire qu'à la seule condition d'une ratification du mini Traité "compliqué" de Lisbonne par l'Irlande. Ce qui est très loin d'être gagné.] … fin de la parenthèse.
La finance mondiale devient complètement folle ! Et ce sont les hedge funds et les banques d’investissements qui amènent actuellement le monde vers le chaos. Toutes les débâcles économiques actuelles sont provoquées par le monde de la finance. Et si il y a bien un point sur lequel, je rejoins le Président de la République c’est la dénonciation du dogme de la spéculation.
Après la crise des subprimes qui a largement contribué à la crise économique, c’est le tour de la crise alimentaire mondiale provoquée et amplifiée par le monde de la finance.
J’ai entendu même horrifié une star de la finance qui trouvait positif la création d’un cartel du riz en Asie, à l’image de l’Opep pour le pétrole, dont la finalité aurait été le contrôle des productions et des mises sur le marché. Selon lui cette organisation aurait permis d’assurer une meilleure lisibilité de la “valeur riz”.
Actuellement les traders sont complètement déconnectés des réalités. Et au lieu de les envoyer durant leurs jeunes années en stage, chez ABN AMRO ou chez Morgan and Stanley. Il serait peut être judicieux de les faire bosser dans un camp de sinistrés birmans. Les jeunes traders sont obsédés par les mathématiques financières, les analyses graphiques et mettent de côté les bases économiques et l’actualité du monde qui les entourent. Ces autismes nous mènent tout droit vers une catastrophe.
Ex : Pourquoi le pétrole grimpe encore actuellement ?
Parce que Arjun N. Murti analyste super star de chez Goldman Sachs, spécialiste mondial du brent et premier a avoir décelé que le pétrole allait atteindre un super spike à 100 $, a décrété, sans réel fondement que le baril atteindrait d’ici à deux ans les deux cents dollars ! De quoi de qui de où ? Nul ne le sait. Mais grâce à ce nouveau panurge la réaction moutonnière a été immédiate et le baril papier a flambé (121 $ à 138 $), alors qu’aucun nouveau signal n’a été jusqu’alors alarmiste. Tout ça à cause d’un connard, que la presse mondiale s’est empressée de relayer.
Et pourtant dans le même temps les stocks américains ont progressé en mai de 2,3 millions de barils, l’OCDE prévoit un très large ralentissement économique dans la zone OCDE (1,85% de croissance 2008-2009). Enfin Ben Bernanke a laissé entendre que la Fed allait procéder à un “ajustement” à la hausse du dollar. Enfin du côté de l’offre l’Opep ne constate aucune pénurie et du côté de la demande qui a même baissé de 0,3 % aux Etats-Unis (consommateurs du 1/4 de l’offre mondiale) par rapport à l’année précédente, ce qui compense largement la demande des Neps. Rien sauf la spéculation ne justifie que le baril de brent soit à un tel niveau. Tous les analystes estiment que le prix d’équilibre entre l’offre et la demande, hors spéculation tournerait autour des 90 $.
La volatilité du baril de brent dépend principalement de la santé des marchés de valeurs mobilières. Dans un cas de retour d’attractivité de ces valeurs, il a fort à parier que le baril se déprécierait. Je pense pour ma part que le super spike en 2008-2009 se limitera à 150 $. Les marchés sont aussi la proie des effets de mode. En 2007 c’était les green techs, en 2008-2009 le brent. Je crains que dans l’avenir ce soit les matières 1ères agricoles, si elles ne sont pas déjà à la mode actuellement.
This entry was posted on Saturday, June 7th, 2008 at 1:34 pm and is filed under Politique économique. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.
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J’approuve, mais on fait comment pour ramener à la raison une sphère financière devenue folle autrement qu’en votant Besancenot ?
On prohibe toutes les spéculations sur les denrées alimentaires et on fait du semi-régulé. Avec un seuil haut et un seuil bas.
Prohiber la spéculation sur les denrées alimentaires ? Diable, mais comment fait-on ??? Je suis curieux de connaître le mécanisme mondial permettant ce tour de force.
@ DRF
Incrédulité, ignorance ou cynisme ?
Mais ca existe déjà et depuis longtemps et même en France dans des initiatives locales.
Ex : en Nouvelle Calédonie il y a une régulation à l’achat (pour assurer un prix minimum garantie aux producteurs) et à la vente pour empêcher toute spéculation abusive.
Ex : A la réunion les prix des hydrocarbures sont régulés tous les 3 mois avec un prix plafond fixé par le préfet.
Ex : Le prix de votre gaz et de votre éléctricité sont régulés. Parce qu’au prix du marché, votre gaz vous le payeriez 30% plus cher.
Bien entendu j’entends ce que l’on va me dire, c’est du communisme. Mais si le libéralisme c’est laisser le sud crever de faim, je préfère encore la doctrine communiste. Les prix ne sont pas justifiés autrement que par la spéculation.
Mais rappelez vous que jusqu’en 1978 (j’étais encore très loin d’être né) le prix de la baguette de pain était régulé, par le ministère de l’économie et des finances. Et au sortir de la 2nde guerre mondiale de nombreuses denrées étaient régulées.
Bien entendu pour passer dans un cadre mondial il faut un outil mondial ; l’OMC. Il faudrait le doter d’outils contraignants. On pourrait réguler le prix de réserves minimums.
je suis incrédule dès qu’on me parle de régulation “mondiale”. Citer une initiative locale (de bon aloi par ailleurs) ne crédibilise pas la possibilité d’un super OMC qui aurait des pouvoirs coercitifs. Quand on voit notre impossibilité à créer une europe politique, imaginer ne serait-ce qu’une seule seconde que l’OMC anglo-saxonne devienne un instrument de régulation mondiale me parait on ne peut plus naif.
@DRF
Oui je suis d’accord c’est très improbable, mais pas impossible. Mais n’est-ce pas la meilleure solution ?
NB : L’OMC est présidée par Pascal Lamy ce n’est plus ce que c’était.
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