Le futur TGVAujourd’hui la SNCF a annoncé un résultat net de 1,042 milliards d’euros pour un chiffre d’affaires de 23,2 milliards d’euros. Ce résultat spectaculaire intègre aussi les pertes consécutives aux grandes grèves de l’automne 2007. La situation financière de la SNCF est désormais assainie. L’entreprise publique a dégagé en 2007 une capacité d’autofinancement de 1,9 milliards d’euros et a ramené sa dette à un peu plus de 4,4 milliards d’euros. L’Etat en qualité d’actionnaire unique de l’entreprise publique va d’ailleurs prélever un dividende d’environ 130 millions d’euros.
Pourtant ce résultat mirifique ne prend pas en compte les subventions publique pour le système ferroviaire. En 2006 le contribuable a participé à hauteur de 6,3 milliards d’euros au financement du système ferroviaire et de l’entreprise publique SNCF, qui cumule à elle seule 3,2 milliards d’aides publiques ! Le poste retraite des cheminots a coûté lui la bagatelle de 2,5 milliards (loi de finance de 2006). En outre une dotation spéciale de 627 millions d’euros sont alloués au désendettement de la SNCF. 89 millions d’euros de plus vont aux aides aux tarifs sociaux pratiqués par la SNCF pour par exemple les familles nombreuses, les tarifs spéciaux pour les jeunes…etc.
Je ne me suis pas mis à jour de la Loi de finance de 2007 mais, les différentes aides sont de la même ampleur. Un ami m’a affirmé que le coût cumulé du système ferroviaire serait pour l’Etat de 11 milliards d’euros en 2007.
La Directive 91/440/CEE du Conseil relative au développement de chemins de fer communautaires devrait être modifiée par la proposition de directive COM(2004) 139 sur l’ouverture du marché des transports de passagers, pour compléter l’ouverture à la concurrence dans le secteur ferroviaire.
_“Va chercher bonheur dans la privatisation des services publiques !”.
_“Je lutte docteur je lutte”
Dans l’ébauche actuelle le réseau ferré a été dissocié de l’activité transport et on a crée Réseau Ferré de France. C’est RFF qui accumule toutes les dettes, soit 27,4 milliards d’euros. De l’autre côté la SNCF étrangle complètement RFF en tant qu’unique usager du réseau. La SNCF avait déjà procédé de la sorte avec Eurotunnel. La SNCF a même engagé une participation dans Sea France, pour pressuriser Eurotunnel en pratiquant des tarifs ultra concurrentiels.

C’est le paradoxe du cantonnement on isole les dettes et regroupe les bénéfices. Étrangement le jour de la nomination de Anne Marie Idrac ancienne présidente de la SNCF en tant que Secrétaire d’Etat en charge du commerce extérieur, la SNCF annonce un bénéfice de 1,042 milliards d’euros. C’est ça la France ?

Et si l’accroissement du prix du baril de pétrole constituait, à moyen/long terme un plus grand danger pour la République Islamique d’Iran que tous les missiles de croisières embarquées sur les porte-avions américains croisant dans le Golfe ou toutes les résolutions contraignantes des Nations-Unies ?
Bien qu’il faille tenir compte du contexte particulier de la situation iranienne et des échéances auxquelles nous nous situons - l’Iran n’est sans doute pas comme le Japon « à 20 minutes de la bombe » mais sûrement en tout cas sans soute à moins de dix ans, ce qui n’est guère plus rassurant -, cette hypothèse a le mérite de nous rappeler l’une des conséquences trop souvent négligées dans les analyses occidentales, de l’envolée des cours du pétrole et plus généralement de celui des matières premières et des produits agricoles. Nous nous focalisons en effet très souvent en effet sur la dépendance énergétique des pays dépourvus de ressources fossiles et de la nécessité d’en diminuer notre consommation et de promouvoir des sources de production alternatives.
Depuis l’envolée des cours du pétrole à partir de l’année 2004, les pays producteurs engrangent des recettes records. Selon une étude de l’Institute of International Finance (IIF), les 6 pays ex pays de Coopération du Golfe auraient pactolisé en 2007 près de 220 milliards de dollars, contre 90 milliards en 2004 ; en août 2006, les réserves publiques de change russes ont atteint un sommet historique à 266,9 milliards de dollars ; La Russie dégage aujourd’hui un excédent budgétaire et rembourse par anticipation les emprunts qu’elle a contractés auprès des pays du Club de Paris au cours de la dernière décennie. Dans le cas de l’Iran, les revenus issus du pétrole ont progressé de 140% entre 2003 et 2006 !
L’accroissement de ses ressources ou leur découverte est souvent présentée comme un véritable don du ciel pour les pays qui s’en sont appropriés la production et un instrument privilégié de développement économique, une forme de revanche sur l’exploitation des pays du Nord sur ceux du Sud et la dégradation des termes de l’échange. La réalité est tout autre. Certains pays se sont mécaniquement enrichis, d’autre se sont appauvris ; le Nigéria et le Vénézuela, 4ème producteur mondial de brut, ont aujourd’hui un PNB par habitant équivalent à celui de 1960. La plupart des pays qui ont bénéficié d’une manne aussi exceptionnelle qu’impromptue n’ont pas réussi à mettre en œuvre les bases d’une économie diversifiée, génératrice de revenus et d’emplois.
Comment expliquer une telle malédiction ? L’utilisation inefficace et inappropriée des ressources issues de rentes issues de l’exploitation de ressources naturelles, porte, au niveau macro-économique, le nom de Dutch Desease ou « Mal Hollandais ». Cette théorie économique apparaît dans les années 1960 lorsque les revenus et exportations du Pays-Bas se sont considérablement accrus suite à la découverte d’un extraordinaire gisement de gaz naturel en Mer du Nord à Groningue. A moyen terme, cet apport de devises a eu des conséquences néfastes pour l’économie des Pays-Bas : les Pays-Bas ont bénéficié d’un avantage comparatif important en matière d’extraction de gaz au détriment du secteur manufacturier ; la hausse des exportations s’est traduite par une forte appréciation de la monnaie locale, ce qui a conduit une perte de compétitivité des produits locaux soumis à la concurrence internationale.
Par la suite, ce syndrome s’est renouvelé à de multiples reprises – presque à chaque fois en réalité - mais en a révélé d’autres effets, tout aussi pernicieux que la seule dégradation des termes de l’échange. Tout d’abord, il convient de souligner que l’industrie extractive est réputée intensive en capital, ce qui signifie à la fois qu’elle requiert beaucoup d’emplois comparativement à d’autres secteurs, mais en plus qu’elle nécessite de lourds investissements, préalable à toute production et à fortiori à toute transformation et acheminement. Les capitaux engagés n’ont ainsi pas été déployés vers d’autres dépenses d’investissement telles que l’éducation ou la santé dont les effets bénéfiques sur l’économie et ne niveau de vie de la population sont plus importants sur le long terme.
Un des autres effets pervers de la constitution brutale de telles rentes réside dans le choix des politiques publiques mis en œuvre par les états qui en « bénéficient ». Ils sont encouragés à s’affranchir de toutes autres sources de revenus fiscaux et à distribuer généreusement des gains obtenus à court terme à ses « clientèles ».
Ainsi, près du tiers des recettes issues des hydrocarbures sont redistribuées sous la forme de subvention de tout sorte (prix garantis pour les produits agricoles, salaires de la fonction publique,..). La plus étonnante preuve de la mauvaise utilisation des ressources naturelles de l’Iran réside dans le principal poste de subvention de l’Etat iranien, à savoir le soutien aux prix d’essence au détail ; Le litre à la pompe est en Iran le plus bas du monde ; près de 8 centimes d’Euros ! Mais ce cadeau coute au gouvernement iranien la bagatelle de 10 milliards d’Euros chaque année puisque l’Iran, 4ème producteur mondial de brut, importe 40% de sa consommation en produits raffinés. L’économie de rente ne permet pas ainsi de modernisation de l’appareil productif, y compris celui relatif aux hydrocarbures ; près de 6% de la production pétrolière serait perdue chaque année et l’Iran peine à atteindre les quotas, pourtant restrictifs, fixés par l’OPEP.

Certes, on ne peut raisonnablement envisager une baisse drastique du prix du pétrole à court terme qu’elle soit ; cependant, les à-coups, même faibles, de son cours rendent, compte-tenu de la faiblesse des réserves, le gouvernement très vulnérable au mécontentement et paradoxalement toujours plus dépendant à l’égard des desiderata des ses clientèles favorites.
Il ne s’agit certes pas de jouer là-dessus dans le cas de la crise nucléaire tant il est clair que le gouvernement iranien apparaît jour après jour de plus en plus résolu à acquérir l’arme nucléaire et que les conséquences d’un soulèvement populaire sont imprévisibles, mais cela reste une donnée intéressante à prendre en considération à l’heure où le Conseil de Sécurité de l’ONU envisage la prise de nouvelles sanctions, notamment économiques, à l’encontre du régime islamique.

En tout cas, l’état actuel de l’économie iranienne est là pour nous rappeler que plusieurs siècles de « ruée vers l’or », que celui-ci soit noir ou de tout autre couleur, n’ont pas permis aux sociétés de résoudre la malédiction « du mal hollandais ». Dans le cas de l’Iran, la malédiction ne s’est pas encore traduite par de violents déchirements internes, tels que des guerres civiles ;
les exemples tragiques du Nigeria ou de la Sierra Leone, pour ne citer qu’eux, sont là pour nous rappeler à quel point l’histoire de l’exploitation des ressources naturelles est violente, jonchée de guerres et échappe le plus souvent aux règles traditionnelles du libéralisme économique.
Seule un pays semble aujourd’hui s’être durablement prémuni contre la tentation de ce qu’un ministre russe des finances a un jour comparé avec la dépendance d’une drogue. La Norvège a choisi de placer la quasi-totalité de ses revenus pétroliers dans un fonds de pension géré par le Gouvernement d’Oslo, placé sur les marchés financiers à l’attention de ses générations futures. L’extraction d’hydrocarbures est plus utilisée en Norvège comme une locomotive pour l’ensemble de l’économie, notamment en participant au développement du secteur des transports et des services associés que comme une source directe de revenus.