Nicolas Sarkozy n’aura pas jeté tous les projets ébauchés par Dominique De Villepin, devant le parterre du Medef, il ressort de la poubelle de son prédécesseur le projet de fusion entre les énergéticiens Suez et Gaz de France.

Nicolas aurait pu citer Marivaux ;« Les mariages de raison ne sont pas les plus malheureux ». C’est cet esprit qui gouverne en ce moment le projet de fusion entre les groupes Gaz de France et Suez. Mais ce mariage a été prévu à la mode française de façon occulte, par l’action concertée de la puissance publique, des milieux d’affaires et des lobbies, en privilégiant les intérêts particuliers sur l’intérêt général. Cette fusion révèle en partie ce qu’est le capitalisme à la française ; « un capitalisme de connivence ».

Gaz de France/Suez ; La naissance d’un leader mondial de l’énergie

Le projet de fusion est dicté par la raison politique ; le protectionnisme des intérêts nationaux.

La fusion entre les groupes Suez et Gaz de France s’est faite en plusieurs étapes.

Tout d’abord pour pouvoir rendre possible cette fusion, il a été voté la loi du 9 août 2004 qui a transformé EDF et GDF en sociétés anonymes. L’article 24 de cette loi précisait dès lors que l’Etat devait à l’époque rester actionnaire à la hauteur minimum de 70 % du capital.

Le 25 juin 2006 le PDG de GDF, M Cirelli, ancien conseillé à Matignon, a lancé, encouragé par la place financière, une offre publique de vente de titres de son groupe. La 1ère cotation a eut lieu le 8 juillet 2005. Le 22 février 2006 c’est le numéro 1 italien de l’électricité, le groupe Enel, très intéressé par l’électricien Electrabel, propriété du groupe Suez, qui annonce dans la presse qu’il n’est pas exclut qu’une offre publique d’achat soit lancée sur Suez. Face à cette offre perçue comme une menace pour les intérêts français, c’est le 1er ministre de l’époque, Dominique De Villepin qui a dévoilé, le 25 février, qu’il existait un projet de fusion entre GDF et Suez. L’immixtion du politique dans la sphère privée est alors totale. La fusion se fait en coulisse dans les couloirs des palais de la République.

Pour pouvoir entériner le projet de fusion, il aura fallu que le Parlement abroge la loi du 9 juillet 2004, en se retirant partiellement du capital de GDF. Le projet de loi initial a été présenté au gouvernement au début du mois de juin 2006 et le débat parlementaire ouvert le 14 juin devant l’Assemblée nationale et le 15 juin devant le Sénat. Cependant le pari n’a pas été gagné pour le ticket Villepin Breton, véritables pourfendeurs politiques du projet de fusion, mais par Nicolas Sarkozy. Le gouvernement bénéficiait d’une forte impopularité et d’une faible marge de manœuvre. Si l’Etat devient minoritaire dans le capital de GDF cela va s’apparenter pour l’opinion publique à une nouvelle braderie du service public. En outre le président Sarkozy qui était ministre des finances en 2004 lors de la privatisation partielle des entreprises GDF et EDF s’était engagé à la tribune de l’Assemblée Nationale à ce que l’Etat ne descende pas sous la barre des 70% de participation dans ces deux entreprises publiques. Le projet de fusion devrait ramener la participation de l’Etat dans la nouvelle entité à 34%, simple minorité de blocage pour le gouvernement. M Jego relatait à l’époque la défiance de la majorité à l’égard du premier ministre, dans la presse économique, à propos du dossier GDF-Suez, en disant ; « Avec l’affaiblissement du premier ministre, je crains que le gouvernement ait du mal à faire passer le dossier au sein de l’UMP ». Durant la campagne présidentielle à aucun moment le sujet ne sera évoqué, ni même les projets d’ouverture des marchés de l’énergie à la concurrence car il ces sujets étaient trop diviseur au sein du PS et de l’UMP.

La dimension de l’entité Gaz de France / Suez

La capitalisation boursière de l’entité Suez-GDF équivalait au 24 février 2006, au moment de l’établissement du 1er projet, à 72 milliards d’euros, pour un chiffre d’affaire de 63,9 milliards d’euros, soit le deuxième énergéticien en Europe en terme de capitalisation boursière et le 1er en terme de chiffre d’affaire. La fusion donne dès lors naissance à un géant de l’énergie. Le groupe GDF-Suez devient le 1er groupe fournisseur de gaz liquéfié au monde et le 5ème producteur d’électricité en Europe. L’entité naissante serait alors parfaitement à même de répondre à toutes les demandes énergétiques. C’est le portefeuille des 11 millions de clients du gazier (9 millions de clients résidentiels) GDF qui devrait servir d’appat à la nouvelle entité Suez-GDF, pour s’attacher une nouvelle clientèle. Le groupe Suez-GDF devrait bénéficier à plein de l’effet de synergie entre le gaz et l’électricité, en proposant une offre combinée gaz électricité aux particuliers. En outre Suez dispose d’une palette de services complémentaires en ayant des activités dans l’eau et dans l’environnement. La nouvelle entité serait alors à même de fournir par « packaging » toutes les énergies domestiques (électricité, gaz et eau) aux particuliers et aux petites entreprises.

Le groupe Suez-GDF devrait bénéficier d’une plus grande surface financière pour permettre de développer les infrastructures de production électrique, les sites d’extraction et la prospection gazière. Le groupe est très bien implanté en France et au Benelux et devrait profiter de la fusion sur ces différents marchés nationaux de la fourniture d’énergie.

L’Union des deux groupes a aussi un objectif fiscal. Suez devrait bénéficier des reports déficitaires fiscaux de GDF. Suez pourrait de ce fait annihiler une partie de l’impôt sur les sociétés et dans le même temps GDF ne perdrait pas son report déficitaire.

Pour rendre l’opération plus acceptable ce serait GDF, un groupe détenu majoritairement par l’Etat qui absorberait Suez, même si l’opération ne se traduit pas effectivement en termes de capitalisation boursière. Dans le projet Sarkozy c’est une union entre égaux qui est à l’étude. Le Conseil d’administration devrait se composer à part égales d’administrateurs provenant de GDF et d’administrateurs provenant de Suez. C’est M Mestrallet, actuel PDG de Suez qui devrait prendre la présidence du groupe, tandis qu’une vice présidence devrait être accordée à M Cirinelli.

La fusion devrait provoquer aussi des conséquences externes, sur les marchés de l’énergie et à l’égard des concurrents directs sur ces marchés.

Désormais le jeu est boulversé, puisque ce n’est seulement que la branche énergie de Suez qui entrerait dans le super duper package ; Suez/GDF, afin de réduire la capitalisation boursière apportée par Suez et de respecter un peu plus la parole donnée par Nicolas Sarkozy.

Un autre projet de fusion intégrant le fournisseur gazier algérien Sonatrach a aussi été évoqué, mais c’est pour le moment plus qu’improbable, dans le contexte relationnel franco-algérien tendu, qu’une fusion se produise entre deux entreprises, détenues en majorité par des autorités publiques.

Les conséquences de la fusion Suez-GDF par rapport à l’entreprise publique EDF

EDF doit désormais faire face à un nouveau concurrent de taille. Les ex entreprises publiques EDF et GDF, autrefois partenaires, vont se retrouver frontalement confrontées sur le même marché de l’électricité. EDF dispose d’atouts de poids avec un portefeuille de 27 millions de clients sur le marché national, sa très grande expérience et son leadership mondial dans le domaine de la vente d’électricité. Face à cela l’entité Suez-GDF constitue un outsider. C’est l’offre combinée gaz et électricité qui devrait permettre à Suez-GDF de prendre des parts de marché, dans la fourniture d’électricité. Le risque est que la lutte, de ces deux géants de l’énergie pour gagner des parts de marché sur leur marché national de l’électricité, affaiblisse ces entreprises dans la conquête des autres marchés européens.

Si vous placez dans « un marigot deux crocodiles », cela risque de causer des dégâts. C’est la libéralisation totale du marché de l’énergie qui risque de provoquer le début des hostilités. Il n’est en outre pas certain que le consommateur sorte gagnant, dans la mesure où les deux entreprises comptent opérer à une différentiation stratégique par les services et non pas par les prix.

EDF se trouve en position délicate car malgré son statut de leader mondial de la fourniture d’électricité, elle reste l’un des seul énergéticien à n’avoir pas encore effectué de rapprochement avec une entreprise de son secteur. EDF ne dispose pas d’assez de capitaux propres (une enveloppe de 8 milliards d’euros sur les 2 prochaines années) pour opérer à une acquisition et ne pourra pas fusionner par échange de titres, dans la mesure où l’Etat ne restreindra probablement pas de si tôt sa participation dans le capital de l’énergéticien français. L’entreprise publique EDF est donc placée en position délicate de par la fusion de GDF avec Suez et de par l’évolution actuelle des marchés européens de l’énergie. La fusion crée un véritable adversaire à EDF sur son marché national de la distribution d’électricité. C’est peut être cela que l’on appelle la concurrence ?

La photographie de la fusion Suez-GDF dans le cadre des marchés de l’énergie en Europe

Les marchés de l’énergie sont en pleine mutation par les facteurs conjugués de l’augmentation croissante des prix, la libéralisation progressive des marchés, la vague de privatisation et la politique de concentration des énergéticiens européens.

Le prix des énergies n’a eu de cesse de grimper durant ces dernières années. Le marché pétrolier est au bord du débordement et le marché européen du gaz naturel est soumis au seul bon vouloir du géant russe Gazprom. Le prix de l’électricité suit cette hausse pour d’autres raisons, tel que la nécessité de renouveler le parc des centrales nucléaires, les nouvelles normes environnementales de production d’électricité, la hausse croissante de la demande par rapport à l’offre qui entraîne une augmentation du prix, la hausse du prix de l’uranium. Dès lors pour rester compétitives les entreprises des secteurs énergétiques doivent mettre en œuvre des fusions, acquisitions et rapprochement pour d’une part conserver une taille critique sur le marché, s’adjuger de nouveaux marchés et pouvoir bénéficier d’économies d’échelle dans la production d’électricité et de gaz. Le secteur des énergies en Europe est en pleine phase de concentration, les entreprises énergéticiennes (gaz et électricité) fusionnent, s’absorbent les unes les autres, avec en ligne de mire la libéralisation du secteur.

L’origine de la fusion Suez-GDF a été provoquée par l’appétit des grands groupes énergétiques sur le marché. Tout commence à partir du moment où Suez accroît sa participation dans le principal électricien belge, Electrabel, de 50,1% à 98%. Peu de temps après c’est le groupe Enel qui se montre très intéressé par Electrabel et échafaude un plan d’absorption de Suez. Défensivement sous « l’office ministériel » du gouvernement français est prononcé en grande pompe les « fiançailles » de Suez et de GDF. Ce protectionnisme a été dénoncé par la majorité des acteurs européens des marchés de l’énergie et par les gouvernements des Etats membres. Simplement le scénario a été similaire en Allemagne et en Espagne. Le groupe E.ON a absorbé le groupe Ruhrgas et Gas Natural a lancé une opa sur Endesa en réponse à l’offensive d’E.ON. Hormis le marché anglais, les marchés européens se retrouvent à une sorte de « statut quo ante » par rapport au mouvement de privatisation. Puisque le marché européen de la distribution de l’électricité devrait se composer de 7 à 8 grandes firmes européennes (Suez-GDF et EDF en France, E.ON et RWE en Allemagne, Endessa en Espagne et Enel en Italie) se partageant la quasi totalité du marché, c’est de la décomposition-recomposition économique ! De plus les Etats d’origine conservent dans la quasi totalité de ces entreprises une participation. A quoi servait-il alors de privatiser les marchés des énergies si c’est pour se retrouver dans une situation similaire ? Les Etats européens jouent à une sorte de jeu dangereux en prônant le libéralisme européen et en appliquant une sorte de protectionnisme déguisé sous le couvert de privatisation des entreprises énergétiques européennes.

Les conséquences sociales de la fusion Suez Gaz de France

La fusion risque de provoquer des licenciements dans les deux groupes. Même si MM Mestrallet et Cirinelli se défendent de leur volonté de vouloir provoquer une hémorragie sociale, il y aura selon toute vraisemblance des licenciements dans les deux groupes, comme il est souvent de mise lors d’une fuseacqu de cette importance. Les dirigeants des deux entreprises en voie de fusion soutiennent par contre que ce rapprochement sera créateur d’emplois. Dans un premier temps il faudra régler le sort des employés communs d’EDF et GDF. Ces deux entreprises se partageraient 60 000 agents, dont 50 000 étaient affectés à l’accueil dans des agences communes, la relève des compteurs d’électricité et de gaz, ainsi que l’entretien des réseaux. Pour beaucoup d’analystes économiques les ex entreprises publiques GDF et EDF se trouveraient en sureffectif. Pour certains cadres de la direction d’EDF prétendent que la société pourrait fonctionner avec 60 000 agents de moins, soit un effectif de 100 000 personnes. Ce chiffre prête bien évidemment à caution. Le sureffectif de ces ex entreprises publiques existe, mais dans quelle proportion ?

Une autre question peut être soulevée par la fusion ; quel sera le statut des agents de GDF par rapport à la privatisation. Vont-ils rester des agents publics ? Sera t-il possible dans un groupe Suez-GDF qu’une partie des employés provenant de l’entreprise Suez aient le statut de salariés et l’autre partie provenant de GDF aient le statut d’agents publics ? Les syndicats de GDF (FO et la CGT) sont amers à l’égard de cette fusion qui masque selon eux une privatisation rampante de GDF. Cette fusion mettrait en péril l’avenir de la distribution publique de gaz et d’électricité. Peu de temps après l’annonce du 1er projet de fusion les administrateurs salariés d’EDF, représentants des principaux syndicats (CGT, CFDT, FO et CFE-CGC) ont demandé à ce qu’un conseil d’administration extraordinaire soit convoqué afin de statuer de l’avenir de l’entreprise dans ses relations avec GDF et de l’avenir de la distribution publique de gaz et d’électricité. C’est le métier et la culture de l’entreprise GDF qui seraient profondément remaniés par l’union des deux entreprises.

Se sont les agents au bas de l’échelon hiérarchique de l’entreprise qui sont les plus inquiets par cette fusion, car ils savent qu’en cas de remaniement social, ils seront les premiers touchés.

Le chiffre du chômage a été publié hier, il est de 8% et ne baisse plus. Qu’est-ce qui peut expliquer ce taux capricieux ? Pour une fois je ne me fonderai pas sur une analyse pour tenter d’étayer mon propos, débordant, le plus souvent de mauvaise foi et du sarcasme. Je vais livrer une partie de mon parcours, ubuesque de lorsque j’ai été chômeur. Je ne dirai rien que la vérité, je le jure, pour ceux qui penseraient que je fantasme, ma courte vie de demandeur d’emploi. Mon approche ne recouvre en réalité qu’une partie du problème.

Déstagé fraîchement, ce qui pour moi s’apparentait à un affranchissement de mon statut d’esclave-salarié, je décida de me rendre auprès des organismes en charge du traitement du chômage. Je n’y connaissais pas grand chose pris quelques renseignements et compris que je devais aller d’abord quêter mon statut aux Assedic, pour enfin pouvoir me prétendre officiellement chômeur et compter dans les statistiques. Passer de l’esclavage au pariage ce devait être un grand moment dans mon existence ! Je clopina donc gaiement vers mon assedic, nichée au dernier étage, d’un immeuble qui n’en comptait que deux, dans une zone d’activités tertiaire, dont le maire aspirait très certainement à ce que ça devienne son petit La Défense. Mon premier interlocuteur de ce nouveau monde fut une queue, un peu comme les actrices de porno qui débutent dans le métier, d’une bonne vingtaine de personnes. Je m’englua durant une quarantaine de minutes, pour enfin, me hisser au comptoir du tenancier des lieux; un jeune fonctionnaire dynamique et sympathique, chargé de réguler le trafic et de contenter les mécontents. Il répondit à ma demande en prenant rendez vous avec un conseillé assedic et me demanda de revenir dans 4 jour à la même heure.

Quatres jours plus tard alors que je sortais d’un entretien fumeux avec Chris, je retourna aux assedics dans ce petit la Défonce. La file d’attente avait largement débandée et ne comptait plus que 8 personnes. Je me confirma pour mon rendez-vous et on me recev”a” immédiatement. J’entra dans un box d’assedic où une conseillère, à la masse physique impressionnante, fruit d’après guerre de l’accouplemement d’une sumo-tori et d’un ours et aussi de mon imagination à ce moment là très fertile. Elle était en charge de traiter mon dossier en rassemblant toutes les pièces qui m’avaient été demandées. Elle me rassura sur mon avenir en m’expliquant quelles démarches je devais entreprendre chaque mois pour me confirmer dans mon chômage et surtout que je n’avais droit à rien mais étais redevable de tout pour m’en sortir.

_ Vous pouvez même chaque mois confirmer votre situation par Internet

_ Ah c’est génial ! (En réalité, il faut envoyer un courrier postal pour demander son identifiant et son mot de passe, pour pouvoir accéder à son dossier par Internet. Édifiant !)

Et me voici officiellement chômeur, une micro décimale, dans les chiffres statistiques mensuels du chômage, je ne fais non plus partie de la solution mais véritablement du problème. La conseillère me pris une date, avec une autre conseillère, mais cette fois de l’ANPE, une semaine plus tard à 13h15, le plus tôt possible à ma demande.

_ Ah non il y a pas plus tôt !

Une semaine plus tard à heure dîte, je me rendis donc à l’agence ANPE, placée à côté d’un centre social de quartier et sous une barre d’immeuble HLM. Je fus reçu par Mme Martin, avec 20 minutes de retard. C’était une aimable jeunette, grossile (j’invente le mot), qui débutait visiblement comme moi dans l’ANPE. A côté je remarqua tout de suite, un autre bureau, occupé par un M Martin, peut être papa barbu de ma conseillère ou amant viagrisé du poupon gouflu. La famille a décidément la fibre sociale,

_ Tu vas voir ma fille, je vais te planquer !

ou bien

_ Mais c’est pas grave si t’as juste le bac ! Je te fais entrer à l’ANPE et on pourra copuler sur la photocopieuse. (Prévoyez un autre format que le A3 alors !).

Mon entrevue avec cette Mme Martin, ressembla à un speed dating, sans envie de la culbuter, puisqu’elle me répéta 3 fois dans le petit laps de temps, qu’elle dégnait m’accorder, que cet après midi elle était en RTT et qu’elle devait partir, certainement pour se vautrer devant son capané. Elle ruina d’entrée mon espoir de trouver un travail, par le truchement de l’ANPE, en me disant

_ Vous savez nous n’avons que très peu offres à vous offrir dans votre qualification. Néanmoins vous pouvez consulter nos offres sur toutes la France par Internet.

Effectivement, il y avait en moyenne 7 offres par semaine, qui m’invitaient à m’expatrier dans l’exostisme du Havre ou la folie festive de Bourguin-”joyeux”.

Elle me proposa néanmoins de faire un bilan de compétence,

_ (???)

_Vous verrez c’est structurant et ca vous aidera dans votre démarche vers la recherche d’emploi

_ Mais pourquoi pas !

_ Seulement là j’ai pas le temps de le faire, je le fais demain matin dès que je reviens et vous receverez un courrier par la poste, vous indiquant le rendez vous. De toute façon nous prenons l’ engagement de vous convoquer dans les 7 jours de votre premier entretien.

Sept jours n+2, ne voyant toujours rien venir, je décida de retourner à l’ANPE, pour me renseigner sur l’avenir professionnel qu’ils allaient me prédire. Une hôtesse d’Anpe qui potichait, m’acceuillit avec un grand sourire, qui se crispa légèrement quand j’expliqua mon cas. Tout de suite je fus rassuré d’apprendre, que Melle Martin ne fut pas poignardée au plexus par un chômeur mécontent, mais qu’elle avait tout simplement pris ses congés. L’hôtesse ne pouvait rien faire pour moi en raison de la politique d’interlocuteur unique mise en place par l’ANPE, afin d’améliorer la relation chômeur-conseillé. Mais on me recommanda tout de même d’écrire une petite lettre à la cons.. (nasse), qui lui serait remise dès son retour. Deux semaines plus tard je reçu enfin le courrier de convocation pour l’entretien qui devait me révéler mes potentiels et talents qui m’étaient alors insoupconnés. La société de conseil partenaire de l’ANPE, portait un curieux, nom, du genre, “Transpersonality” ou “Expodantalent” ou “Exploreyou”. Malheureusement je ne m’en souviens plus, mais je sais qu’il était ridicule.

A heure dîte, le D-day, je me rendis à ce rendez-vous durant lequel, on devait sonder ma personnalité et transmuter mes maigres talents. La société miraculeuse, se situait dans une zone industrielle, baignant dans un nationale très fréquentée, dans un batiment préfabriqué, de style rétro-mitterrandien, d’hébergement d’entreprises dans lequel viennent croître les futurs fleurons de notre économie française ou plus fréquemment tous les futurs ratages entrepreunariaux. Sur la porte du local, il y avait écrit “frappez et rentrez”. Tout de suite réactif, je pensa en moi même que je serai jugé sur mon entrée et qu’il fallait que j’impressionne comme un acteur de la comédie française (note à moi même, c’est une pensée de crétin !). Je frappa et rentri (ou plutôt ah !) la tête haute et le buste droit. Une dame la cinquantainne, d’origine antillaise, m’acceuillit avec un grand sourire,

_ Bonjour vous devez être Monsieur…, je suis à vous dans quelques minutes, je dois terminer des dossiers et j’arrive.

Elle me proposa néanmoins d’attendre, un instant, dans une salle d’attente, fleurie avec un paravent qui masquait son bureau et dans laquelle une table basse hébergeait, du jus d’orange, une cafetière et des biscuits chocolatés de sous marque. Ce trop plein de bienveillance me mis très vite mal à l’aise. Un drôle de parfum flottait dans l’air; c’était des essens qui brulaient dans la pièce d’à côté. Je demanda alors, si je ne m’étais pas trompé de société et si ce n’était pas en réalité un cabinet de voyance. Puis elle me fit venir dans son bureau et me demanda de me présenter. A chaque explication des éléments de mon parcours elle penchait la tête de côté, en signe de compréhension et d’écoute, comme si elle avait lu un mauvais bouquin d’analyse de gestuelles, à moins que ce ne soit moi avec ma parano qui ne détaille et scrute tous les gestes de mes interlocuteurs, afin de mieux les cerner. Je crois que j’ai vraiment eu peur lorsqu’elle m’a dit qu’elle me ressentait comme quelqu’un de très félin. Lors de la prise d’un second rendez-vous, je prétexta que je ne me sentais pas près pour expérimenter mes compétences et que je sentais que je ne parviendrai pas exprimer tous mes potentiels, si ténus, en raison de mon jeune âge. Au passage je remarqua qu’elle avait un tapis de souris du parti socialiste et je fis glisser la conversation sur la politique et le résultat de l’élection présidentielle, en glorifiant, mon modèle, Nicolas Sarkozy, qui lui était un homme aux multiples potentiels, histoire qu’elle me prenne véritablement en grippe et qu’elle n’insiste pas lourdement avec un second rendez vous.

Mon aventure personnelle dans le chômage tout de même assez courte , me laisse un goût amer de nos organismes sociaux en charge de régler le problème du chômage. J’ai le sentiment, tirée de ma seule, expérience que ces lieux regorgent de cons, de gens qui vous méprisent, qui ne prennent pas en compte votre situation et vous traitent comme un hexadécimal des 8% de chômage.

Je pourrais faire la même remarque à propos des cabinets de recrutements, qui sont aussi des cons, trop heureux d’avoir une emprise sur vous pauvre chômeur, qui serait prêt à faire le kamikaze, pour qu’il vous sélectionne parmis leurs candidats juniors présentables. Ils n’ont finalement pas grand chose de différent avec les gens qui occupent les services publics du chômage, si ce n’est une belle BMW, un beau bureau tout en verre poli, et la palpation de somptueux honoraires pour une spécialité qui ne consiste, en réalité, qu’à faire passer des tests qui ne servent à rien puisque au final, ils décident de votre embauche durant les 5 premières minutes d’impression que vous leur avez faites. J’ai passé des tests de graphologie (vous avez une belle écriture), des tests de personnalité, des tests de QE, de QI (durant lequel je découvris avec incrédulité que j’étais génial moins 2 points), des test d’aptitude commerciales (Moyen vendeur, selon le test), des tests psychotechniques (qu’est ce qui suit le carré ?), de tests de personnalité, des entretiens de provocations (on vous a dit que vous êtiez un chanceux ? Non je ne sais pas. Et bien si moi je dis que vous l’êtes ! (agressif)), des entretiens à multiple candidats où vous devez singer avec les autres une fausse situation de breanstorming (désolé … je ne peux pas le faire c’est trop ridicule), des tests de compétence technique (que dit l’article 1213 nunodecies I-1 a Code général des impôts ? quelle est le montant maximal de la pension que devra déclarer un handicapé, qui cumule la non voyance et l’hémiplégie, sachant que sa femme touche déjà 213 euros de cotorep ,).

Des cons je vous dis, tous des cons, sont les gens qui gravitent autour du monde de l’embauche !