Nicolas Sarkozy vient de terminer son voyage sur le continent africain, réactivant l’expression “Françafrique”, expression émanant des relations diplomatiques de la France avec ses anciennes colonies. Nicolas Sarkozy s’est rendu en Lybie, afin de sceller le nouveau pacte d’amitié franco-lybien, puis il est allé au Sénégal, laboratoire de la politique franco-euro-africaine et enfin il a bifurqué jusqu’au Gabon pour renouer avec la politique d’antan.
Nicolas fait normalement ce qu’il dit et dit ce qu’il fait et peut être pour la première fois depuis l’élection présidentielle, il n’applique pas ce qu’il avait promis. A l’époque il disait vouloir, la «transparence» pour la Françafrique, en finir avec “les réseaux d’un autre temps”, les “émissaires officieux qui n’ont d’autre mandat que celui qu’ils s’inventent”, les “réseaux officieux qui ont fait tant de mal par le passé”. “Il faut définitivement tourner la page des complaisances, des officines, des secrets et des ambiguïtés.”
Et pourtant il conclu un contrat de fourniture d’une centrale nucléaire civile avec la Lybie, dictature anciennement terroriste et rend visite, pour son premier déplacement présidentiel à Omar Bongo monarque président depuis plus de 40 ans, et surtout dernier fossile africain de la Françafrique.
La vision d’idéalisme démocratique africain de rupture portée lors de l’élection présidentielle, probablement souflée par Rama Yade et David Martinon, trop tendres, n’est malheureusement pas assez objective pour s’adapter aux réalités africaines. L’afrique est devenu un nouveau terrain de luttes économiques apres.
L’Afrique est trop souvent perçue comme “le cimetière” de la planète (Sarkozy discourais à ce propos le 6 mai ; “Je veux lancer à tous les Africains un appel fraternel pour leur dire que nous voulons les aider à vaincre la maladie, la famine et la pauvreté et à vivre en paix”). Mais ce que l’on oublie trop souvent c’est que c’est aussi une zone de développement économique a très fort potentiel, les pays du Magrehb et spécialement la Lybie sont en demande d’infrastructures (autoroutes, aéroport, trains, télécommunication…etc) et à trop traiter l’Afrique avec une condescendance qui peut même être vexatoire, on risque de perdre ces marchés. L’appétit est d’autant plus aiguisé car l’Afrique est un continent riche en matières premières (pétrole, gaz, minerais…). La Chine et les Etats-Unis draguent les Etats de ce continent pour s’assurer la fourniture des richesses africaines. La première pour répondre aux besoins de sa production et de sa croissance et les seconds pour s’émanciper de sa fourniture en pétrole saoudien. La France n’est donc plus “maître” dans ses anciennes colonies et d’autres moutons viennent brouter dans son “pré carré”.
Est-ce que “la foulure” (= fausse rupture) avec la Françafrique est heureuse ?
On abandonnera peut être en partie les manipulations de régimes, les changements des gouvernements africains dévaforables à la France ou les livraisons d’armes et soutiens militaires à des régimes critiquables, mais en continuant de soutenir des régimes despotiques on ne refacera la politique africaine pour aller vers plus de démocratie. Oui la Françafrique est agonisante, mais sera très vite remplacée par la France a fric, où seuls ne compteront plus que la fourniture en uranium d’Areva et la fourniture en gaz et en pétrole de Total. Le pragmatisme politique s’est transformé en un pragmatisme économique. Ni meilleur, ni moins bon, simplement différent.